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PRINCIPALES INFORMATIONS

Nom officiel : République du COSTA RICA  
 
 
Données géographiques 
 
Superficie : 51 100 km²  
Population : 4,3 M habitants  
Capitale : San José (310.000 hab.)  
Villes principales : Alajuela (233 000), Cartago (132 000), Puntarenas (106 000), Heredia (104 000)  
Langue officielle : espagnol  
Monnaie : Colón (CRC). 1 CRC = 0,00166€  
Fête nationale : 15 septembre  
 
 
Données démographiques 
 
Composition ethnique : européens et métis 94%, africains-américains (3%), amérindiens (1%)  
Croissance démographique (est. 2005) : 1,48%  
Espérance de vie (2003) : 78,2 ans  
Taux d’alphabétisation (2003) : 95,8%  
Religions : catholiques (76%), protestants et mouvements évangélistes (14%)  
Indice de développement humain (2003) : 47ème/177 pays recensés par le PNUD  
 
 
Données économiques 
 
PIB (2004) : 18 Mds USD  
PIB/hab. (2004) : 4 200 USD  
Taux de croissance (2004 ) : 4,3%  
Taux de chômage (2004) : 6,5%  
Taux d’inflation (est. 2005) : 14%  
Déficit budgétaire : (2004) : 5% du PIB  
Déficit commercial (2004) : 2 Mds USD, soit » 9% du PIB  
 
Principaux clients : Etats-Unis (44%), Union européenne (17%), Amérique centrale (14%) Principaux fournisseurs : Etats-Unis (46%), Japon (6%), Mexique (5%)  
 
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :  
agriculture : 10%  
industrie : 30%  
services : 60% 
 
 
 
Composition du gouvernement 
 
Président de la République, M. Oscar ARIAS (08.05.06)  
 
Gouvernement du 8 mai 2006  
 
1ERE Vice-Présidente de la République, Mme Laura CHINCHILLA  
2EME Vice Président de la République, M. Kevin CASAS ZAMORA  
 
 
Ministres  
 
Ministre auprès de la Présidence, M. Rodrigo Arias SANCHEZ  
Ministre délégué à la Présidence, M. Marco A. VARGAS DIAZ  
Ministre des Relations extérieures et du Culte, M. Bruno STAGNO UGARTE  
Ministre de la Sécurité publique et de l’Intérieur, M. Fernando BERROCAL  
Ministre des Finances, M. Guillermo ZUNIGA  
Ministre de la Justice, Mme Laura CHINCHILLA  
Ministre de l’Education publique, M. Léonardo GARNIER  
Ministre des Travaux publics et des Transports, Mme Karla GONZALEZ  
Ministre de la Production, M. Alfredo VOLIO  
Ministre de la Santé Publique, Mme Maria Luisa AVILA AGUERO  
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, M. Fernando TREJOS BALLESTERO  
Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Mme Maria Elena CARBALLO  
Ministre de la Planification, M. Kevin CASAS ZAMORA  
Ministre de l’Environnement et de l’Energie, M. Roberto DOBLES  
Ministre de l’Habitat et de la Lutte contre la Pauvreté, M. Fernando ZUMBADO  
Ministre du Commerce extérieur, M. Marco VINICIO RUIZ  
Ministre des Sciences et de la Technologie, Mme Eugenia FLORES  
Ministre du Tourisme, M. Carlos Ricardo BENAVIDES 
 
 
 
Politique intérieure 
 
Institutions  
 
Le Costa Rica est une République démocratique unitaire, dotée d’un régime présidentiel. Le Président et les deux Vice-Présidents sont élus au suffrage universel direct, pour un mandat de 4 ans (dernière élection en février 2006). Suite à une décision du Tribunal constitutionnel d’avril 2003, un ancien Président peut désormais se porter à nouveau candidat, huit ans après la fin de son précédent mandat. L’élection d’Oscar Arias, proclamée le 7 mars 2006, s’inscrit dans ce cadre.  
 
Monocaméral, le Parlement est constitué d’une Assemblée législative, dont les 57 membres sont élus, en même temps que le Président de la République, au suffrage universel direct, pour un mandat de 4 ans. Il s’agit d’un scrutin de liste, à la proportionnelle, par province (on en compte 7).  
 
Autorité judiciaire. La Cour suprême de Justice est composée de 22 magistrats, élus par l’Assemblée législative pour 8 ans, automatiquement renouvelés en l’absence d’un vote contraire des 2/3 de cette Assemblée.  
 
Longtemps centrée sur le Parti de libération nationale (PLN), fondé en 1951 et qui a gagné toutes les élections jusqu’en 1974, la vie politique costaricienne s’est ensuite étendue au Parti d’unité sociale chrétienne (PUSC), créé en 1983. Ce bipartisme a été ébranlé lors des élections de 2002 et a volé en éclats à l’occasion du scrutin de février 2006, auquel ont participé quelque 56 partis. M. Oscar ARIAS, candidat du PLN, a remporté le scrutin avec 40,9% des voix, contre M. Otton SOLIS, du parti d’Action citoyenne (PAC), qui en a rassemblé 39,8%.  
 
Evolution politique  
 
Le pays est découvert par Christophe Colomb lors de son quatrième voyage vers le nouveau monde en 1502. Les Espagnols commencent à s’y établir au siècle suivant et le territoire est rattaché à la Capitainerie générale de Guatemala. Le Costa Rica accède à l’indépendance, au sein de l’empire mexicain en 1821, puis de la Confédération d’Amérique centrale en 1823.  
 
Lorsque le Costa Rica se déclare formellement indépendant et souverain en 1839, il s’agit d’un pays qui, du fait d’une communauté amérindienne peu nombreuse et de l’absence d’activités minières, a développé une économie vivrière et une société globalement égalitaire. Au lendemain de l’indépendance, la culture du café prospère, ouvrant la voie à son exportation (1832). L’implantation de la United Fruit (vers 1870) permet l’extension du secteur agricole à la production de fruits. Les premiers chemins de fer seront construits vers 1890.  
 
S’ils accroissent l’emprise des Etats-Unis sur le pays, ces développements conduisent à une plus grande prospérité et amènent de progressives évolutions de la vie démocratique - adoption d’une Constitution libérale en 1882. Dès lors, la vie politique costaricienne ne connaîtra que deux périodes de troubles : une dictature de 1917 à 1919 et la Révolution de 1948.  
 
Menée par le dirigeant social-démocrate, Jose FIGUERES, « Don Pepe », la guerre civile ne dure que quelques semaines, mais fera du Costa Rica une référence en matière de démocratie. Le soulèvement conduit à la prise de pouvoir par M. Figueres, à l’abolition de l’armée (1948) et à la rédaction d’une nouvelle Constitution (1949) garantissant le suffrage universel. « Anticommuniste de gauche », M. Figueres nationalise les banques, institue un impôt sur le capital et met au point une législation sociale avancée. Fondateur en 1951 du Parti de Libération Nationale (PLN), il sera élu à deux reprises (de 1953 à 1958 et de 1970 à 1974), son parti conservant le pouvoir sans interruption de 1953 à 1974.  
 
Mais le modèle s’essoufle à la fin des années 70 du fait de la crise pétrolière et de la chute des cours du café et de la banane. Les tensions sociales s’exacerbent et les électeurs portent au pouvoir en 1978 le candidat de droite, M. Rodrigo CARAZO. Celui-ci opte pour un rapprochement avec les Etats-Unis, et autorise le transit des troupes américaines sur le territoire. En outre, M. Carazo laisse filer la dette qui atteint un montant vertigineux. Son successeur, Luis Alberto MONGE (PLN), hérite d’un pays au bord de la cessation de paiements, ce qui accroît sa dépendance envers les Etats-Unis, et le contraint à autoriser les contras [1] à opérer depuis le territoire costaricien.  
 
Elu en 1986, Oscar ARIAS (PLN), est partisan d’une politique de neutralité. Il interdit le territoire à l’opposition nicaraguayenne, et élabore un plan de paix pour l’Amérique Centrale, qui lui vaut le Prix Nobel de la Paix (1987). Parallèlement, il entame une politique d’ajustement structurel, qui déclenche des conflits sociaux. M. Rafael Angel CALDERON (fondateur du PUSC) gagne les élections de 1990. Toutefois, sa politique de réduction des dépenses éducatives et de santé, de même que son action en matière de privatisations génèrent des tensions.  
 
En 1994, José Maria FIGUERES OLSEN (PLN), fils de « Don Pepe », accède au pouvoir. Après avoir dénoncé les excès de son prédécesseur, il se convertit au libéralisme et met en œuvre, avec le concours du FMI et de la Banque mondiale, une politique d’ajustements structurels qui provoque le mécontentement populaire et d’importantes manifestations, qui seront sévèrement réprimées (1995). Il achève dès lors son mandat dans l’impopularité. La présidence de Miguel Angel RODRIGUEZ (PUSC), qui lui succède en 1998, est marquée par une forte croissance et la stabilité des changes et des prix. Ce contexte lui permet de mettre en œuvre de nouvelles avancées sociales, notamment en matière de santé et d’éducation.  
 
L’élection présidentielle de 2002 consacre, pour la première fois, une deuxième victoire consécutive du PUSC. M. Abel PACHECO est élu, mais n’obtient pas la majorité au Parlement. Cet homme charismatique et atypique (psychiatre, écrivain, présentateur de télévision) s’était assigné pour priorités la lutte contre la pauvreté et la corruption, le redressement des finances publiques, la sécurité des citoyens et la protection de l’environnement. Le score de 3,5% obtenu par le candidat du PUSC aux élections de février 2006 donne la mesure du faible bilan de l’ère Pacheco. Cet échec est toutefois largement imputable à l’absence de majorité parlementaire, mais surtout au séisme politique qu’a constitué la révélation, à mi-mandat, d’affaires de corruption mettant en cause trois anciens Présidents de la République costaricienne. Deux d’entre eux sont incarcérés, tandis que le troisième renonce à rentrer au pays. Ce contexte fige le pays dans l’immobilisme, alors que l’Etat-providence, conçu lors de la Révolution, requiert des réformes pour s’adapter au nouvel environnement économique mondial. A titre d’exemple, la ratification du Traité de Libre-Echange entre les Etats-Unis et l’Amérique centrale (CAFTA-DR) ne peut être envisagée sans ouverture des monopoles publics, inscrits dans la Constitution, et encore nombreux au Costa Rica.  
 
Ce contexte délétère, associé au débat très vif relatif à la façon dont il convient de répondre aux effets de la mondialisation, a fait naître un paysage politique nouveau lors du scrutin de février 2006. M. Oscar ARIAS (PLN) a battu, d’une courte tête (40,9% contre 39,8%), son rival Otton SOLIS, du Part d’Action citoyenne (PAC, né en décembre 2000 d’une scission d’avec le PLN). Opposé au néo-libéralisme, M. Solis a fait campagne contre le CAFTA-DR, dont il exige la renégociation. Son important succès explique, en outre, le relatif échec du Mouvement libertaire (ML), clairement néo-libéral, mené par M. Otto Guevarra.  
 
La victoire de M. Oscar Arias tient sans doute à son prestige personnel, mais aussi au caractère équilibré et réaliste de son programme : maintien d’une politique de solidarité, évolution d’un Etat-providence vers une social-démocratie moderne, compatible avec le nouvel environnement économique mondial, et protection de l’environnement, l’un des grands atouts du pays. La tâche de M. Oscar Arias sera plus délicate que prévu car, d’une part, il ne dispose pas de majorité parlementaire, d’autre part, le Parti d’Action citoyenne de M. Solis est devenu, en 5 ans, la 2ème force politique du pays (17 députés, contre 25 au PLN, 6 au ML et 5 au PUSC). Enfin, la réforme fiscale qui devait lui donner les moyens de démarrer son programme, vient d’être invalidée.  
 
 
[1] Opposition armée, contre-révolutionnaire, créée au printemps 1981, dans le but de renverser le régime sandiniste du Nicaragua. 
 
 
 
Politique extérieure 
 
 
A l’instar de ses voisins de l’isthme et en dépit d’une indépendance certaine, la diplomatie costaricienne reste marquée par la proximité des Etats-Unis et par l’influence déterminante de ce pays dans la région. En dépit d’un déficit commercial important (1 Md USD en 2004), les Etats-Unis restent le 1er partenaire commercial du Costa Rica : plus de la moitié des exportations et des importations se font avec ce pays. Le déséquilibre inhérent à cette relation compte parmi les raisons qui ont conduit au récent débat national sur l’opportunité de ratifier l’accord de libre-échange avec ce pays (CAFTA-DR). Toutefois, en 2004, 72% des IDE bénéficiant au Costa Rica provenaient des Etas-Unis, attestant la relativité de la marge de manœuvre de San José vis-à-vis de Washington.  
 
L’autre grande composante de la politique extérieure costaricienne réside dans l’action multilatérale. Le bon niveau d’éducation de ce pays lui permet, en dépit de son poids relatif en termes de superficie et de population, de jouer un rôle dans les enceintes internationales. Sa préoccupation particulière en matière de droits de l’homme l’a conduit à prendre une part active à la création de la Cour pénale internationale (CPI), tout en ne signant pas avec Washington un accord soustrayant à la compétence de la Cour les ressortissants des deux pays. Après avoir joué un rôle constructif au sein de la Commission des droits de l’Homme, le pays a apporté une contribution appréciée à la mise en place du nouveau Conseil des droits de l’Homme. Du fait du poids de l’Eglise catholique dans le pays, le Costa Rica a été à l’origine de la résolution adoptée par les Nations unies interdisant toute forme de clonage humain, y compris à des fins thérapeutiques.  
 
En matière commerciale, le nouveau Directeur de l’OMC a confié à une ressortissante costaricienne la responsabilité du dossier des questions agricoles.  
 
Le Costa Rica est également très présent dans les instances régionales. La Cour et l’Institut interaméricains des droits de l’Homme ont leur siège à San José. La capitale costaricienne a accueilli le 14e Sommet ibero-américain. San Jose est un membre actif du Groupe de Rio.  
 
 
L’Asie constitue un partenaire important du Costa Rica. A l’instar de ses voisins de l’isthme, San Jose entretient des relations diplomatiques avec Taïwan, ce qui lui vaut une aide substantielle de Taïpeh (environ 140 MUSD au cours des six dernières années). Ce choix n’empêche pas le développement de relations commerciales étroites avec la Chine (augmentation des échanges de 185% entre début 2004 et début 2005).  
 
Le Costa Rica vient de fêter les 70 ans de ses relations avec le Japon, proche partenaire de San José. Quant à la Corée, elle est, avec 3,2 MUSD, le 1er investisseur asiatique dans le pays.  
 
Parmi les atypies nationales, il convient de mentionner que le Costa Rica est, aux côtés du Salvador, l’un des rares pays au monde à avoir installé son ambassade en Israël à Jerusalem.  
 
La relation entretenue par le Costa Rica avec ses voisins de l’isthme est constructive mais délicate. Le pays ne conteste pas son appartenance à l’Amérique centrale, dont attestent sa qualité de membre fondateur du Marché commun centraméricain (MCCA) et sa participation active à plusieurs institutions du Système d’Intégration centraméricain (SICA). Toutefois, le décalage économique entre le Costa Rica et ses voisins du Nord, de même que son attachement au respect des droits de l’Homme, le mettent parfois en difficulté sur les questions d’intégration régionale. San José n’est ainsi pas partie au Parlacen, le Parlement centraméricain, qui n’est pas un modèle de démocratie. De même, la présence d’une importante communauté nicaraguayenne au Costa Rica (500.000 à 1 million), qui bénéficie de la même protection sociale que les Costariciens, fait craindre au Costa Rica des avancées, tel que le passeport unique. Enfin, un différend ancien entre le Costa Rica et le Nicaragua, relatif aux droits de navigation sur le fleuve San Juan, qui fait frontière entre les deux pays, ne facilite, ni la relation bilatérale, ni l’évolution de la position costaricienne sur l’intégration centraméricaine.  
 
Le pays se montre sensiblement plus allant dans le cadre du Plan Puebla-Panama, initiative du Président Fox (Mexique), dont l’objectif est de développer les infrastructures dans l’isthme. Il s’agit d’une structure légère : un représentant par pays, placé auprès du Président. L’une des caractéristiques du Plan est de responsabiliser un pays par secteur : le Guatemala pour l’énergie, le Salvador pour les télécommunications, le Costa Rica pour les transports, etc.  
 
San José vient de se rapprocher de ses voisins des Caraïbes, en ratifiant un traité de libre-échange avec 12 pays de la CARICOM, vers lesquels ses exportations ont plus que doublé depuis 2004, atteignant un montant de 75 MUSD.  
 
Outre son caractère culturel - le Costa Rica a puisé en Europe l’essentiel de ses valeurs politiques et sociales, ainsi que son système juridique -, la relation entre le Costa Rica et l’Union européenne revêt un caractère historique. C’est en effet, à la demande de San José, que la France et l’Allemagne, auxquels se sont joints l’Espagne et le Portugal, ont décidé d’apporter leur soutien aux projets visant au rétablissement de la paix en Amérique centrale. D’où le nom de « processus de San José » pour qualifier la relation entre l’UE et l’Amérique centrale, initié en 1983. Dans ce cadre - un « accord de dialogue politique et de coopération » entre les deux entités a été signé à Rome en 2003 -, San Jose bénéficie de deux types de soutien : une aide, proportionnelle à son niveau de développement (31,5 M€ pour 2002-2006), ainsi que des facilités tarifaires (« SPG Plus »). L’UE est d’ailleurs le 2ème partenaire commercial du Costa Rica, le solde des échanges étant favorable à San José (+ 1,2 Mds€ en 2004).  
 
 
 
Economie 
 
 
Le Costa Rica présente une situation économique enviable en Amérique centrale, et plus généralement en Amérique latine. Grâce à la mise en place, il y a 60 ans, d’un Etat-providence, ce pays a, en effet, réussi à éradiquer la pauvreté et à disposer des meilleurs indicateurs sociaux de la zone. La suppression de l’armée en 1948 a permis de consacrer 20% du PIB à la santé et à l’éducation, d’où un taux actuel d’extrême pauvreté limité à 5,1%, une espérance de vie de 79 ans, un taux d’alphabétisation de 96%, un PIB/hab. d’environ 4.200 US$ et un système de protection sociale couvrant plus de 95% de la population.  
 
La structure de l’économie costaricienne est équilibrée : le secteur agricole représente 10% du PIB, l’industrie pesant pour 30% - le pays le plus industrialisé de l‘isthme -, les services assurant désormais 60% de l’activité (le tourisme, en fort développement, compte pour 5,5% du PIB). Des zones franches accueillent des entreprises de télécommunications, d’informatique, notamment Intel, des centres d’appel, des laboratoires, des industries pharmaceutiques, etc. Ce type d’activités est révélateur d’une part, d’un niveau d’éducation élevé, d’autre part d’un fort taux d’ouverture de l’économie (plus de 75%). De fait, l’instauration de zones franches a encouragé les flux d’IDE, qui atteignent environ 550 MUSD/an, faisant du Costa Rica, conjointement avec le Panama voisin, le principal récepteur d’IDE de l’isthme. Ce contexte a permis d’assurer au pays une croissance moyenne de 5,7% de 1994 à 2004. Celle-ci a tendance à baisser depuis lors, mais reste non négligeable (estimation de 3,4% pour 2005).  
 
Reposant sur un secteur public fort, ce développement s’est toutefois opéré au prix d’une accumulation de déséquilibres macro-économiques, externes et internes. Le déficit courant représente entre 4 et 5% du PIB chaque année. Du fait du renchérissement du pétrole mais aussi de ce que la structure des exportations costariciennes est très proche de celle de la Chine, le déficit commercial se creuse (+ de 10% du PIB en 2004). Le déficit public (5% du PIB) est alourdi par le service de la dette (32% des dépenses budgétaires). En outre, la Banque centrale s’accomode d’une inflation annuelle de l’ordre de 10% (14% en 2004), « compensée » par une dépréciation du taux de change du même ordre. Dans ce contexte, la récente invalidation de la réforme fiscale par la Cour constitutionnelle va contraindre le Président Arias à faire des questions fiscales une priorité.  
 
La ratification du Traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Amérique centrale (CAFTA-DR), que le Costa Rica est le seul Etat-partie à ne pas avoir encore ratifié, constitue, avec la réforme fiscale, l’autre grand enjeu économique du prochain gouvernement. Les réponses à apporter aux défis de la mondialisation ayant été au cœur du débat de la campagne présidentielle, il faudra du doigté politique au Président Arias pour faire admettre à ses concitoyens l’inéluctabilité des réformes à engager. De nombreux secteurs de l’économie costaricienne sont en effet encore majoritairement - et constitutionnellement - sous le contrôle de l’Etat (télécommunications, assurances, etc.). Cette ouverture de monopoles publics aux capitaux privés présenterait, en outre, l’avantage de redresser les finances de l’Etat.

 

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Modifié en dernier lieu le 23.12.2006
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