PRINCIPALES INFORMATIONS
Données générales
Nom officiel : République du Chili
Superficie : 756 626 km²
Population : 16 millions d’habitants
Capitale : Santiago du Chili
Villes principales : Santiago, Valparaiso, Concepción, Antofagasta
Langue officielle : espagnol
Monnaie : peso (1000 pesos=1,34€)
Fête nationale : 18 septembre (Indépendance, le 18 septembre 1810)
Données démographiques
Taux de croissance démographique annuel 2001-2015 : + 1,1 %
Espérance de vie : 77,9 ans
Taux d’alphabétisation : 95,7 %
Religion (s) : catholicisme romain 88 %, églises protestantes 11 %
Indice de développement humain (Classement PNUD, 2005) : 37ème / 177 (0,854)
Données économiques
PIB (2005) : 115 Md$
PIB par habitant (2005) : 7 190 $
Taux de croissance (2005) : + 6,3 %
Taux de chômage (2005) : 8 %
Taux d’inflation (2005) : + 3,7 %
Solde budgétaire(2005) : 4,9 % du PIB
Balance commerciale(2005) : + 9 236 Md$
Principaux clients (2005) : Etats-Unis (16,2 %), Japon (11,7 %), Chine (11,6 %)
Principaux fournisseurs (2005) : Argentine (16,1 %), Etats-Unis (15,8 %), Brésil (12,7 %)
Composition du gouvernement de la République du Chili
Présidente de la République, Mme Michelle BACHELET (11.03.06)
Gouvernement du 11 mars 2006
Remanié le 14.07.06
Ministre de l’Intérieur, M. Belisario VELASCO BARAONA (14.07.06)
Ministre des Relations extérieures, M. Alejandro FOXLEY
Ministre de la Défense, Mme Viviane BLANLOT
Ministre des Finances, M. Andres VELASCO
Ministre-Secrétaire général de la Présidence, Mme Paulina VELOSO
Ministre-Secrétaire général du Gouvernement, M. Ricardo LAGOS WEBER
Ministre de l’Economie et de la Reconstruction, M. Alexandro FERREIRO YAZIGI (14.07.06)
Ministre de la Planification et de la Coopération, Mme Clarisa HARDY
Ministre de l’Education, Mme Yasna PROVOSTE CAMPILLAY (14.07.06)
Ministre de la Justice, M. Isidro SOLIS
Ministre du Travail et de la Prévision sociale, M. Osvaldo ANDRADE
Ministre des Travaux publics, M. Eduardo BITRAN
Ministre de la Santé, Mme Maria Soledad BARRIA
Ministre du Logement et de l’Urbanisme, Mme. Patricia POBLETE
Ministre de l’Agriculture, M. Alvaro ROJAS
Ministre des Mines et de l’Energie, Mme Karen PONIACHIK
Ministre des Biens nationaux, Mme Romy SCHMIDT
Ministre des Transports et des Télécommunications, M. Sergio ESPEJO
Ministre Directrice du Service national de la Femme, Mme Laura ALBORNOZ
Ministre, Présidente du Conseil national de la Culture et des Arts, Mme Paulina URRUTIA
Politique intérieure
Institutions
Régime présidentiel : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct (deux tours), pour un mandat réduit de six à quatre ans depuis septembre 2005, non renouvelable immédiatement. Il nomme les membres du gouvernement.
Congrès bicaméral :
* Le Sénat ne comprendra plus que 38 membres élus pour 8 ans (renouvellement par moitié tous les 4 ans), aux termes de la nouvelle Constitution promulguée le 17 septembre 2005, qui abolit les dispositions antérieures (9 sénateurs désignés pour 8 ans et 1 sénateur « à vie », l’ancien Président Eduardo Frei).
* La Chambre des Députés comprend 120 membres élus pour 4 ans.
Situation politique
RappelAprès plus de seize années de dictature militaire (1973-1989), la transition est assurée par le Président Patricio Aylwin (démocrate chrétien, DC) élu en décembre 1989 à la suite d’un référendum qui, en octobre 1988, contraint le régime militaire du général Pinochet à organiser des élections. M. Eduardo Frei (DC), élu en décembre 1993, consolide la transition démocratique mais ne parvient pas à supprimer les « enclaves autoritaires » héritées de la dictature (inamovibilité des chefs des forces armées, système électoral binominal, sénateurs désignés...), en raison de l’opposition persistante du Sénat.
C’est une nouvelle fois le candidat de l’alliance des partis de centre-gauche, la « Concertation », qui est élu en janvier 2000 : le socialiste Ricardo Lagos devient Président de la République face au candidat de la droite, MJoaquin Lavín . Il est investi le 1er mars 2000 pour six ans.
Situation récenteJusqu’à la fin de sa présidence, Ricardo Lagos a bénéficié d’une exceptionnelle popularité . Elle s’explique notamment par la santé florissante de l’économie et des finances, la baisse sensible du chômage et des avancées en matière sociale. Sur le plan constitutionnel, la réforme destinée à supprimer les dernières ‘’enclaves autoritaires’’ héritées de la dictature s’est longtemps heurtée à l’absence de majorité nette à la Chambre des députés et au Sénat. Après cinq ans de débat, cette réforme profonde, qui ne laisse intacts que 15 articles de la constitution de 1980, a finalement été entérinée par les deux chambres réunies en Congrès le 16 août, puis solennellement promulguée par le Président Lagos le 17 septembre 2005. Présentée comme l’étape finale de la transition démocratique, la nouvelle constitution met fin aux « enclaves autoritaires ».
Les élections générales du 11 décembre 2005 ont permis à la coalition de centre-gauche au pouvoir de s’affirmer comme le bloc majoritaire aux législatives et d’obtenir pour la première fois la majorité aux sénatoriales partielles. Confrontée au deuxième tour au candidat de la droite libérale, M. Sebastián Piñera, et à une coalition libérale-conservatrice ressoudée pour la circonstance, mais forte de l’appui décisif du Président Lagos, du ralliement des communistes et de la fidélité de la mouvance démocrate-chrétienne, Mme Michelle Bachelet a remporté le deuxième tour, le 15 janvier 2006, avec 53,5 % des voix. Elle devient ainsi la première femme de l’histoire du Chili appelée à gouverner ce pays mais aussi la première femme élue au suffrage universel à la tête d’un Etat d’Amérique du Sud. Héritant d’une situation économique particulièrement prospère et forte d’une majorité parlementaire dans les deux chambres (pour la première fois depuis 1990), Mme Bachelet semble avoir tous les atouts en main pour mettre en œuvre les priorités sociales (projets de réforme portant notamment sur les retraites, l’éducation et la santé) qu’elle entend donner à sa présidence, afin de remédier aux inégalités flagrantes de la société chilienne.
Après son investiture, le 11 mars 2006, elle a formé un cabinet strictement paritaire. Le nouveau gouvernement a dû faire face, au cours du mois de mai, à une agitation lycéenne de grande ampleur. D’autres grèves se sont produites depuis (hôpitaux publics, syndicats enseignants, étudiants, mineurs...) qui témoignent d’une montée des revendications sectorielles. Mme Bachelet a procédé à un premier remaniement de son gouvernement en juillet et sa cote de popularité est tombée à 45% au cours de l’été.
Affaire Pinochet : L’arrestation du général Pinochet à Londres le 16 octobre 1998 a permis l’engagement d’un débat sur les crimes commis sous la dictature (« table du dialogue »). La démission de son poste de sénateur à vie en 2002 a mis un terme définitif à sa carrière politique. Après l’annulation, la même année, de la procédure engagée contre lui dans l’affaire « Caravane de la mort » en raison de la « démence sénile » dont il souffrait, le général Pinochet a fait l’objet de poursuites dans le cadre de l’affaire « Opération Condor », l’immunité dont il bénéficiait en tant qu’ancien Président ayant finalement été levée par la Cour d’appel de Santiago en mai 2004. Comme précédemment, la Cour Suprême a prononcé un non-lieu le 15 septembre 2005, en invoquant les mêmes motifs d’ordre médical.
En revanche, d’autres enquêtes sont en cours contre M. Pinochet à la suite des révélations, début août 2004, sur les fonds détenus par l’ancien dictateur et sa famille auprès d’une banque américaine , déclenchant une nouvelle procédure pour fraude fiscale en avril 2005. Il reste à voir si ces affaires d’une toute autre nature, qui ont terni la réputation de probité que l’ancien dictateur conservait aux yeux de ses derniers partisans, pourront aboutir, à la différence des procédures concernant les violations des droits de l’Homme. A noter que le Général Pinochet est poursuivi en France dans le cadre d’un procès relatif aux cinq victimes françaises de la dictature.
On connait toutefois la suite...
Politique extérieure
Le Chili a été membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies durant le biennum 2003-2004. Sa diplomatie insiste sur l’importance d’une gestion des relations internationales fondée sur le droit et le respect du multilatéralisme. Lors de la crise irakienne, il a ainsi adopté une position proche de celle de la France. En Haïti, le Chili a été le premier pays latino-américain à participer, dès l’origine, à la force intérimaire envoyée dans le pays après le départ du Président Aristide. Le contingent chilien au sein de la MINUSTAH est d’environ 600 hommes.
Depuis le rétablissement de la démocratie, le Chili s’est employé à normaliser ses relations avec ses voisins (règlement du dernier litige frontalier avec l’Argentine fin 1998, accords d’exécution du traité de paix de 1929 avec le Pérou fin 1999), malgré la persistance de certaines tensions : querelle séculaire avec la Bolivie autour du problème de son accès à la mer ; différends avec Buenos Aires à propos des livraisons de gaz dans un contexte de crise énergétique argentine, problème de la délimitation de la zone économique maritime avec le Pérou. La nouvelle Présidente entend resserrer les liens régionaux en privilégiant des relations désormais « stratégiques » avec l’Argentine et le Brésil et en apaisant ses relations avec le Pérou et la Bolivie. Le Chili est membre associé du Mercosur depuis 1996, et s’apprête à rejoindre la CAN, mais seulement en tant que membre associé.
Les relations sont étroites avec les Etats-Unis (1er investisseur) et la zone Asie-Pacifique (1er client).
Le Chili a une préférence ancienne pour des accords bilatéraux de libre échange (« régionalisme ouvert »). Pour citer les plus récents, des accords importants ont été négociés : avec la Corée du Sud (octobre 2002), avec l’Union européenne (signé en novembre 2002 et ratifié par la France en mai 2004), avec les Etats-Unis (juin 2003), avec le Brunei, la Nouvelle Zélande et Singapour (juin 2005) et enfin avec la Chine (novembre 2005), devenue le 3ème client du Chili. D’autres accords sont en préparation avec le Japon, l’Australie, la Malaisie et la Thaïlande.
Autres organisations dont le pays est membre : Groupe de Rio (1990), APEC (1994), dont il a assumé la présidence tournante en 2004, Communauté Sud-américaine des Nations (décembre 2004).
M. José Miguel INSULZA, jusqu’alors ministre de l’Intérieur, a été élu, le 2 mai 2005, Secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA).
Economie
L’ajustement économique est conduit par le régime militaire à partir de 1983. Les résultats macro-économiques sont positifs : croissance forte, excédents budgétaires, inflation contrôlée, taux d’investissement élevé, afflux de capitaux étrangers, dette extérieure maîtrisée, réserves internationales importantes. Cependant, le coût social de ces mesures est élevé.
Le gouvernement chilien bénéficie depuis quelques années d’une conjoncture favorable (cours mondiaux élevés du cuivre, principale ressource à l’exportation, et forte demande de minerais de la part de la Chine), et les perspectives sont bonnes : croissance entre + 5 % et + 6 % en 2006, chômage à 8 %, inflation maîtrisée (bien qu’elle soit remontée à 3,7% en 2005), croissance des exportations.
Au cours des dernières années, cependant, le Chili n’est pas parvenu à réduire les disparités de revenus, et à diversifier ses exportations, qui restent très dépendantes de produits à faible valeur ajoutée (matières premières). De plus, une inquiétude subsiste quant à la dépendance énergétique du Chili vis-à-vis de ses voisins. Cependant, aucune crise énergétique n’est en principe prévisible dans le pays, qui a la possibilité de se procurer du gaz liquéfié le cas échéant.
Jusqu’à une décision de taxation de l’exploitation minière (2004), le Président Lagos était parvenu à se concilier les milieux d’affaires. En moins de dix ans, le Chili a signé des accords de libre-échange avec une quarantaine de pays, mais aussi avec l’Union européenne (2002), et se classe au cinquième rang mondial des pays les plus ouverts aux importations et aux investissements étrangers.