PRINCIPALES INFORMATIONS
Nom officiel : République Bolivarienne du Venezuela
Données géographiques
Superficie : 912 050 km2
Population : 26 millions (33e moins de 15 ans, 4,6e plus de 65 ans)
Capitale : Caracas (5 millions)
Villes principales : Maracaïbo (1,8 million d’habitants), Valencia, Barquisimeto, Ciudad Guayana, Barcelona.
Langue officielle : Espagnol
Monnaie : le Bolivar
Fête nationale : 5 juillet (proclamation de l’Indépendance, 1811)
Données démographiques
Croissance démographique : 2,5ar an (moyenne 1975-2002)
Espérance de vie : 73,6 ans (à la naissance) ; mortalité infantile : 19 pour mille
Taux d’alphabétisation : 93,10D
Religions : Catholicisme romain (96 Protestantisme (2 autres (2
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,778 (68ème rang)
Données économiques
PIB (2004) : 109,3 milliards de $
PIB par habitant (2004) : 4 200 $ (5 830 $ en ppa)
Taux de croissance (2004) : 17 0D
Taux de chômage (2005) : 11,8 0D
Taux d’inflation (2004) : 210D
Solde budgétaire (2004) : - 2 0D
Balance commerciale (solde courant) : 13,40D
Principaux clients : Etats-Unis (63 Antilles néerlandaises (5 République dominicaine (3
Principaux fournisseurs : Etats-Unis (28,5 Colombie (7 Brésil (6,6 Mexique (4,3
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 5 0D
industrie : 50 0D
services : 45 0D
Composition du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela
Chef de l’Etat, M. Hugo Rafael CHAVEZ FRIAS
Gouvernement au 1er juillet 2008
Remanié le 18 juin 2008.
Vice-président, M. Ramón Alonso CARRIZALEZ RENGIFO
Ministres Ministre du pouvoir populaire pour les relations Intérieures et la justice, M. Ramón Rodriguez Chacin
Ministre du pouvoir populaire pour les relations extérieures, M. Nicolas Maduro MOROS
Ministre du pouvoir populaire pour les finances, M. Alí RODRIGUEZ ARAQUE
Ministre du pouvoir populaire pour la défense , Général Gustavo RangeL BRICEÑO
Ministre du pouvoir populaire pour les industries de base et minières, M. Rodolfo SANZ
Ministre du pouvoir populaire pour les industries légères et le commerce, M. William CONTRERAS
Ministre du pouvoir populaire pour le Tourisme, Mme Olga AZUAJE
Ministre du pouvoir populaire pour l’Agriculture et la Terre, M. Elias JAUA MILANO
Ministre du pouvoir populaire pour l’Enseignement Supérieur, M. Luis Acuña Cedeño
Ministre du pouvoir populaire pour l’Education, M. Héctor NAVARRO DIAZ
Ministre du pouvoir populaire pour la Santé, M. Jesús Mantilla
Ministre du pouvoir populaire pour le Travail et la Sécurité Sociale, M. Roberto Manuel HERNÁNDEZ
Ministre du pouvoir populaire pour les Infrastructures, M. Isidro Ubaldo RONDÓN
Ministre du pouvoir populaire pour l’Energie et le Pétrole, M. Rafael RAMIREZ
Ministre du pouvoir populaire pour l’Environnement, Mme.Yuvirí del Carmen Ortega
Ministre du pouvoir populaire pour la Planification et le Développement, M. Haiman EL TROUDI
Ministre du pouvoir populaire pour la Science et la Technologie, Mme Nuris ORIHUELA GUEVARA
Ministre du pouvoir populaire pour la Communication et l’information, M. Andrés IZARRA
Ministre du pouvoir populaire pour l’économie populaire, M. Pedro MOREJON
Ministre du pouvoir populaire pour l’Alimentation M. Felix OSORIO Guzman
Ministre du pouvoir populaire pour la Culture, M. Héctor SOTO CASTELLANOS
Ministre du pouvoir populaire pour le Logement et les conditions de vie, M. Francisco SESTO NOVÁS
Ministre du pouvoir populaire pour le Développement social et la participation populaire, Mme Erika FARIAS
Ministre du pouvoir populaire pour le sport, Mme Victoria MATA
Ministre du pouvoir populaire pour les Télécommunications, Mme Socorro HERNANDEZ
Ministre du pouvoir populaire pour les Peuples indigènes, Mme Nicia MALDONADO
Ministre du pouvoir populaire pour les Affaires de la femme, Mme María LEÒN
Ministre du pouvoir populaire, secrétaire à la Présidence de la République, M. Jesse CHACON
Politique intérieure
Institutions
Adoptée par référendum en décembre 1999, la Constitution vénézuélienne renforce le pouvoir exécutif, en particulier le rôle du chef de l’Etat, dont le mandat est allongé à 6 ans. Le pouvoir législatif est monocaméral. Le présidentialisme est atténué par diverses dispositions (motion de censure contre le Vice-Président et les ministres, droit présidentiel de dissolution soumis à des conditions assez restrictives, possibilité de mettre fin au mandat présidentiel par référendum "révocatoire"). Le Venezuela est un Etat fédéral.
La Constitution a institué un Conseil moral républicain, un Défenseur du peuple, un Procureur général et un Contrôleur général de la République ainsi que des éléments de "démocratie participative" (élargissant le champ du référendum et permettant notamment la révocation des mandats du Président, mais aussi des députés et des gouverneurs).
La professionnalisation de la carrière judiciaire est inscrite dans le bloc de constitutionnalité. Le Tribunal suprême de Justice comprend six chambres, dont une chambre constitutionnelle qui veille au respect de la constitution et est chargée de l’interpréter.
Evolution politique
La stabilité politique vénézuélienne a longtemps reposé sur le Pacte de Punto Fijo, signé en 1958 entre les principales forces politiques, l’Action Démocratique (AD), social-démocrate, et le Comité pour des élections indépendantes (Copei), démocrate-chrétien, qui s’engageaient ainsi à respecter la Constitution, mais visaient aussi à incorporer les acteurs sociaux dans le système bipartisan par le clientélisme. L’alternance s’est renouvelée jusqu’en 1989 et la réélection de Carlos Andres Pérez (AD).
Le second mandat de Carlos Andres Pérez est à l’origine de plusieurs ruptures. Sa politique d’austérité et d’ouverture économique a provoqué un fort mécontentement (émeutes très dures et notamment à Caracas, "Caracazo", faisant 500 morts). Ce malaise a débouché sur une tentative de coup d’Etat en février 1992, menée par de jeunes officiers nationalistes (dont notamment le commandant Hugo Chavez). Une seconde tentative de putsch, le 27 novembre 1992, a fait plus de 250 morts. Le 31 août 1993, le président Carlos Andres Pérez, accusé de malversations dans l’utilisation des fonds secrets, a été destitué. Les élections présidentielles et législatives de décembre 1993 ont vu la victoire de Rafael Caldera soutenu par une coalition de petits partis. Le système politique bipartisan qui prédominait depuis 1958 a éclaté, et s’est amorcé un multipartisme limité et instable, caractéristique d’une disparition de l’allégeance partisane et d’une perte de crédibilité du système politique auprès des Vénézuéliens.
M. Hugo Chavez a été élu président (57es suffrages) le 6 décembre 1998 à la tête d’un "Pôle patriotique" (120 sièges sur 131 au Parlement). Le succès d’Hugo Chavez est d’abord le résultat de la désaffection des Vénézuéliens vis à vis des partis traditionnels et de la décomposition d’un système politique en crise, ainsi que de gestions économiques désastreuses débouchant sur une misère croissante de la majorité de la population.
"Relégitimé" en juillet 2000 pour 6 ans, avec près de 60es voix, M. Chavez a été confronté entre 2001 et 2004 à une contestation politique de plus en plus vive qui a été marquée par une tentative de coup d’Etat le 11 avril 2002, puis à une grève générale insurrectionnelle, entre décembre 2002 et février 2003, affectant pour la première fois le secteur pétrolier.
S’appuyant sur la disposition constitutionnelle qui prévoit la possibilité d’un"référendum révocatoire" lorsque 20e l’électorat le demandent, l’opposition a obtenu, une fois le quorum atteint, l’organisation de ce référendum le 15 août 2004. Celui-ci, qui s’est déroulé en présence d’observateurs internationaux, s’est traduit par une large victoire du Président Chavez, qui l’a emporté avec 59,25es suffrages. Cette victoire renforce la légitimité du Chef de l’Etat, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’opposition en sort, au contraire, affaiblie et plus divisée que jamais.
Le scrutin pour l’élection des maires et des gouverneurs d’Etats du 31 octobre 2004, auquel l’opposition est allée en ordre dispersé, a conforté la victoire des partisans du Président Chavez, qui contrôlent désormais 20 des 22 Etats vénézuéliens et les deux tiers des municipalités.
Les élections locales du 7 août 2005 (renouvellement des conseils municipaux et paroissiaux) ont confirmé la progression électorale du chavisme. Le camp présidentiel a remporté 70 es sièges de conseillers municipaux, contrôlant ainsi près de 79 es communes du pays, et 90 es sièges aux conseils paroissiaux.
Les élections législatives vénézuéliennes du 4 décembre 2005 se sont déroulées en présence d’observateurs électoraux de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation des Etats Américains (OEA). Marquées par le retrait des principaux partis d’opposition quatre jours avant le scrutin et une abstention de 75 elles ont conduit à la formation d’une chambre de 167 députés où la majorité présidentielle (coalition UVE [1]) a remporté 88,8 es suffrages. Le parti du Président Chavez [2] compte à lui seul 114 députés.
L'élection présidentielle est prévue en décembre 2006 ; le Président Chavez devrait être à nouveau candidat.
[1] Pour Union de Vencedores Electorales
[2] Parti MVR (pour Movimiento V Republica)
Politique extérieure
La politique extérieure du Venezuela a été infléchie depuis l’arrivée de M. Chavez. Elle répond à trois objectifs : contenir l’influence des Etats-Unis, privilégier les processus hémisphériques d’intégration et mener une diplomatie pétrolière active.
Le Venezuela est membre de la Communauté Andine des Nations (CAN), de l’Association des Etats de la Caraïbe, de la Communauté Sud-américaine des Nations (CSAN - créée en décembre 2004 à Cuzco) et de l’OTCA. Il est membre actif de l’OPEP et a tenu un rôle important dans l’évolution des positions des pays producteurs de pétrole. Depuis le 8 juillet 2004, il participait au Mercosur en qualité de membre associé. Son adhésion, annoncée au sommet ibéro-américain de Salamanque à la mi-octobre, pourrait être effective dès la fin de l’année 2005. Le Venezuela s’efforce en outre de constituer un axe avec le Brésil et l’Argentine, de manière à promouvoir une intégration latino-américaine (ALBA [1]), qu’il préfère à une ZLEA dominée par les Etats-Unis.
Les relations économiques avec les Etats-Unis sont étroites (3ème fournisseur pétrolier). Washington a pris acte de la victoire du Président vénézuélien au référendum du 15 août 2004. Cependant, les relations sont à nouveau tendues depuis le début 2005, les Etats-Unis ayant déclaré qu’ils considéraient le Venezuela comme un facteur de déstabilisation régionale. Ils sont par ailleurs hostiles aux projets vénézuéliens d’acquisition de matériels militaires russes et espagnols.
Les relations du Venezuela avec ses voisins sont globalement bonnes. Elles demeurent inégales avec le Pérou (affaire Montesinos) et surtout avec la Colombie (répercussions aux frontières du conflit colombien, attentat contre l’ambassade de Colombie à Caracas en février 2003, affaire des "paramilitaires" colombiens en mai 2004, et enfin affaire « Granda » en janvier 2005). Toutefois, la rencontre entre les Présidents Chavez et Uribe, le 14 février 2005, à l’issue de la crise diplomatique engendrée par l’affaire « Granda » (du nom d’un dirigeant des FARC enlevé à Caracas en décembre 2004 et incarcéré depuis en Colombie) laisse présager une nette amélioration et le développement de la coopération bilatérale. Elles se renforcent avec le Brésil, notamment avec le Président Lula, qui s’est rendu à Caracas où d’importants accords économiques bilatéraux ont été annoncés. L’Argentine est en passe de devenir un partenaire majeur du Venezuela. La visite du Président Kirchner en juillet 2004 a consacré cette relation fondée tant sur les affinités entre les deux Présidents que sur la complémentarité économique (échanges de produits énergétiques contre des produits agroalimentaires). Les trois Présidents, qui se sont longuement rencontrés à Montevideo le 1er mars 2005 en marge de l’investiture de M. Tabaré Vazquez, ont défini les axes d’une coopération renforcée entre leurs pays. Les Présidents Chavez et Vazquez, par leur déclaration en date du 10 août dernier, ont en outre appelé à la création d’une commission de haut niveau pour jouer un rôle moteur au sein de la CSAN. Les prises de position du Président Chavez en faveur des revendications maritimes de la Bolivie ont entraîné une crise diplomatique avec le Chili en novembre 2003, surmontée depuis : le Président Ricardo Lagos a effectué une visite à Caracas, et le Venezuela a fortement soutenu l’élection du candidat chilien, M. Insulza, à la tête de l’OEA. Par ailleurs, les relations avec le Guyana se sont nettement améliorées en février 2004, les deux pays s’étant entendus sur le principe du développement de la région litigieuse de l’Esequibo.
Le Venezuela cherche à jouer un rôle clé dans la région Caraïbe, notamment dans l’Association des Etats Caraïbes (AEC). Le Venezuela est un des membres fondateurs du groupe des amis d’Haïti. Il s’était joint aux réserves de la CARICOM vis à vis de l’intervention occidentale en Haïti. Sa position actuelle est plus nuancée. Les relations des Présidents Fidel Castro et Hugo Chavez sont anciennes et confiantes. Près de 20 000 coopérants cubains, principalement médecins et enseignants, travaillent au Venezuela, qui en retour fournit à La Havane des produits pétroliers à des conditions avantageuses.
Le Venezuela participe, avec la Colombie et le Mexique, dans le cadre du G3, à une concertation sur les problèmes régionaux. Dans le cadre des accords de San José, il s’est engagé avec le Mexique à garantir aux pays de la région un approvisionnement pétrolier à des conditions préférentielles. Les principes de cet accord sont repris dans l’accord de coopération énergétique de Caracas passé entre le Venezuela et dix pays d’Amérique centrale et des Caraïbes, en octobre 2000, complétés par un nouvel accord signé en juillet 2005 créant "Petrocaribe" [2].
Le Venezuela a accueilli en février 2004 un sommet du G15 (organisation créée en 1989 pour faire contrepoids au groupe des sept pays les plus industrialisés).
[1] L’acronyme ALBA (qui signifie « aube » en espagnol) désigne l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques et s’oppose à la ZLEA (ALCA en espagnol).
[2] Petrocaribe est un accord de coopération énergétique impulsé par le Venezuela et signé avec 13 pays de la Caraïbe. Il est assorti d’accords bilatéraux avec la majorité des Etats concernés garantissant la fourniture de produits pétroliers à des conditions avantageuses (crédits à taux préférentiels notamment).
Economie
Le secteur pétrolier représente 50u PIB, 50es rentrées fiscales et 80es exportations du Venezuela.
La situation de crise politique à laquelle le pays a été confronté entre 2001 et 2004 s’est traduite par une forte récession, accompagnée d’une reprise de l’inflation et d’une importante dépréciation monétaire. Le solde de la balance des paiements s’est réduit des 2/3, notamment du fait des sorties de capitaux et d’une réduction des investissements étrangers. Les évènements politiques ont entraîné une forte contraction du PIB en 2002 et 2003 (- 9 t - 11 espectivement).
La fin de la crise politique, un prix élevé du baril de pétrole et la reprise graduelle de la production ont permis un redémarrage de la croissance, qui a dépassé 17n 2004 et a atteint 9 n 2005.
En dépit d’une politique d’aide sociale (les « missiones ») active dans les domaines de l’alimentation, de l’éducation (2 millions d’illettrés alphabétisés) et de la santé (10 000 médecins cubains ont été dépêchés dans les quartiers populaires), la pauvreté reste élevée (plus de 70e la population vénézuélienne vit en état de pauvreté, dont 50n état d’extrême pauvreté). Si le chômage a été ramené de 20 16 n 2004, il se conjugue à un sous-emploi élevé et à une grande importance du secteur informel.