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PRINCIPALES INFORMATIONS

Nom officiel : République du Guatemala  
 
Superficie : 108.890 km²  
Population : 12,6 M. hab.  
Capitale : Ciudad de Guatemala (2,582 M. hab.)  
Villes principales : Huehuetenango, San Marcos, Alta Verapaz, Quiche, Quetzaltenango, Escuintla, Chimaltenango.  
Langue officielle : espagnol  
Langues courantes : espagnol (60%), langues amérindiennes (40%), parmi lesquelles 23 sont officiellement reconnues  
Monnaie : Quetzal (GTQ)  
Fête nationale : 15 septembre (15 septembre 1821 : indépendance par rapport à l’Espagne)  
 
 
Données démographiques 
 
Croissance démographique (2004) : 2,9%  
Espérance de vie : 67,3 ans  
Taux d’alphabétisation : 69%  
Religion (s) : catholiques ( ≈ 60%), protestants évangéliques (≈ 40 % ), croyances mayas  
Indice de développement humain (Classement ONU 2005) : 117ème rang ( sur 177 pays)  
 
 
Données économiques 
 
PIB (est. 2005) : 32,7 Mds USD  
(France : 1.551 Mds € en 2004)  
PIB par habitant (est. 2005) : 2.595 USD  
(France : 25.016 € en 2004)  
Taux de croissance (2005) : 3,2 %  
Taux de chômage (2005) : 30 %  
Sous-emploi (2005) : nd  
Population vivant en-deçà du seuil de pauvreté : » 57%  
Taux d’inflation (2005) : 8,57 %  
Déficit budgétaire (2005) : 1,5 % du PIB  
Dette publique globale : 19,9% du PIB  
Balance commerciale (2005) : 5 Mds $, soit 16,6 % du PIB  
Transferts de fonds des Guatémaltèques émigrés (2005) : 3Mds $, soit 10% du PIB  
Principaux clients (2004) : Etats-Unis (54,9%), Salvador (10%), Mexique (3,6%)  
Principaux fournisseurs (2004) : Etats-Unis (31,3%), Mexique (9,5%), Corée du Sud (8,4%)  
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :  
agriculture : 22 %  
industrie : 19%  
services : 59 % 
 
 
 
Président de la République, M. Oscar BERGER (14.01.04)  
 
Gouvernement du 14 janvier 2004  
 
Remanié les 07.01.05, 02.11.05 et 01.08.06  
 
Vice-Président, M. Eduardo STEIN  
 
Ministre des Affaires étrangères, M. Gert ROSENTHAL (01.08.06)  
Vice-ministre, Mme Marta ALTOLAGUIRRE  
Vice-ministre, Carlos Ramiro MARTINEZ ALVARADO  
Vice-ministre, M. Jorge SKINNER ARENALES  
Ministre de l’Intérieur, M. Carlos Roberto VIELMANN MONTES (22.07.04)  
Vice-ministre, M . Juan Carlos de Jesus VILLACORTA ARRIVILLAGA  
Vice-ministre, M. Guillermo Estuardo GRAMAJO CASTILLO  
Vice-ministre, Mme Silvia VASQUEZ DE LEON DE HIDALGO  
Ministre de la Défense, Général de Brigade Francisco BERMUDEZ AMADO (02.11.05)  
Vice-ministre, Général Francisco BERMUDEZ AMADO  
Ministre des Finances publiques, Mme Maria Antonieta DEL CID DE BONILLA  
Vice-ministre, M. Mefi Eliud RODRIGUEZ GARCIA  
Vice-ministre, M. Edwin Giovanni VERBENA DE LEON  
Ministre des Communications, des Travaux publics et du Logement, M. Eduardo CASTILLO  
Vice-ministre, M. Roberto DIAZ  
Vice-ministre, Mme Berta Lidia DEL VALLE  
Vice-ministre, M. Federico MORENO  
Vice-ministre, José-Luis GANDARA  
Ministre de l’Education, Mme Maria del Carmen ACENA VILLACORTA de FUENTES  
Vice-ministre, Mme Floridalma MEZA PALMA  
Vice-ministre, Mme Miriam Irene CASTANEDA ARANA  
Vice-ministre, M. Bonifacio Celso CHACLAN SOLIS  
Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Alimentation, M Alvaro AGUILAR  
Vice-ministre, M Bernardo Jesus LOPEZ FOGUEROA  
Vice-ministre, M. Felix Ramiro PEREZ  
Vice-ministre, M. Billy Robin ESTRADA HERNANDEZ  
Ministre de l’Economie, M. Marcio Ronaldo CUEVAS QUEZADA  
Vice-ministre, M. Julio Antonio REYES SAGASTUME  
Vice-ministre, M. Enrique LAX  
Vice-ministre, M. Luis Oscar ESTRADA BURGOS  
Ministre de la Santé publique et de l’Assistance sociale, M. Marco Tulio SOSA  
Vice-ministre, M. Salvador LOPEZ MENDOZA  
Vice-ministre, M. Jaime Eduardo GOMEZ  
Ministre du Travail et de la Prévision sociale, M. Jorge Francisco GALLARDO FLORES  
Premier Vice-ministre, M. Cesar CASTILLO  
Deuxième Vice-ministre, M. Mario Gordillo  
Trisième Vice-ministre, M. Jorge Leonel NICOL LOPEZ  
Ministre de l’Energie et des Mines, M. Ruis Romero ORTIZ PELAEZ  
Vice-ministre, M. Oscar Arturo LETONA  
Vice-ministre, M. Jorge Antonio GARCIA CHIU  
Ministre de la Culture et des Sports, M. Manuel SALAZAR TEZAHUIC  
Premier Vice-ministre, M. Enrique Mateu RECINOS  
Deuxième Vice-ministre, M. José Alberto GANDARA  
Ministre de l’Environnement, M. Juan Mario DARY FUENTES  
Vice-ministre, M. Sergio Enrique VELIZ  
Vice-ministre, M. Juan DE DIOS CALLE  
 
Présidence de la République  
Secrétaire Général, M. Jorge ARROYAVE  
Secrétaire privé, M. Alfredo VILA  
Secrétaire à la Coordination exécutive, M. Eduardo GONZALEZ  
Secrétaire à la Planification, M. Hugo BETETA  
Secrétaire aux Affaires administratives et à la Sécurité, M. Juan Carlos LEAL  
Secrétaire à la Communication sociale, Mme Rosa Maria DE FRADE  
Secrétaire pour la Paix, M. Victor MONTEJO  
Secrétaire chargé du Conseil national Sciences et Technologie, M. Hector CENTENO 
 
 
 
 
Politique intérieure 
1. Institutions  
 
Le Guatemala est une République unitaire dotée d’un régime de type présidentiel.  
 
Le pouvoir exécutif est détenu par un Président et un Vice-Président élus au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. Le Président qui ne peut être réélu, est le chef du gouvernement et le commandant en chef des armées.  
 
Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès de la République, chambre monocamérale de 158 députés également élus pour quatre ans.  
 
Autorité judiciaire : La plus haute autorité judiciaire est la Cour Suprême de Justice. Elle est composée de 13 membres, élus par le Congrès pour 5 ans. C’est elle qui propose les noms des magistrats des autres tribunaux qui sont ensuite élus par le Congrès.  
 
2. Evolution politique  
 
Le Guatemala occupe l’emplacement de ce qui fut anciennement le cœur de la civilisation Maya. Suite à l’expédition conduite par Pedro de Alvarado en 1523 et 1525, le Guatemala, comme le reste de l’Amérique Centrale, passe sous domination espagnole jusqu’en 1821, date de l’indépendance. Par la suite, le territoire intègre les Provinces-Unies de l’Amérique Centrale, fédération qui se scinde en cinq Etats indépendants en 1839, après une guerre civile.  
 
Dès lors, le pays connaît une succession de régimes dictatoriaux, avec un premier despote : Rafael CARRERA, personnage-clé de la révolution contre le gouvernement fédéral. Il accède au pouvoir en 1844 et s’y maintient avec le soutien de l’Eglise et des grands propriétaires fonciers jusqu’à sa mort en 1865.  
 
En 1880, une compagnie fruitière des Etats-Unis s’installe dans le pays : la United Fruit Company (UFCo). Elle acquiert de plus en plus de pouvoir et d’influence, jusqu’à devenir propriétaire du réseau de voies ferrées ainsi que du principal port du pays (Puerto Barrios). C’est ainsi que le grand voisin du Nord prend des intérêts sur le territoire guatémaltèque.  
 
Dès les origines de la colonisation, les pouvoirs successifs pratiquent la discrimination à l’égard des populations indiennes qui sont plus touchées par la pauvreté, la malnutrition, l’analphabétisme : servage, expulsion des terres fertiles, paiement d’un impôt en nature qui permet la construction dans les années 30 du réseau routier du pays...  
 
La multinationale UFCo accroît son emprise sur l’économie nationale au début du 20ème siècle : elle achète des parts dans l’électricité, le télégraphe et fait l’acquisition de 40% des meilleures terres du pays. Le pays est aux mains de multinationales américaines et de quelques familles locales qui forment un corps oligarchique fermé et dont les intérêts priment sur ceux de l’ensemble de la Nation.  
 
 
En octobre 1944, une première parenthèse démocratique et progressiste de 10 ans est ouverte avec les présidences AREVALO puis ARBENZ (élu au suffrage universel). Des réformes sociales sont adoptées, une ébauche de système d’assurance sociale est mise en place et on évoque un projet de redistribution des terres, réforme agraire qui provoque la chute du régime. En 1954, des forces armées venues du Honduras et du Nicaragua et commandées par le Colonel CASTILLO ARMAS, lui-même appuyé par la puissante UFCo et le gouvernement de Dwight Eisenhower, envahissent le pays.  
 
A partir de 1958, quelques sous-officiers se rebellent contre le pouvoir en place et, suite à une tentative de coup d’Etat avortée, partent se réfugier dans la forêt où ils forment le noyau dur de la guérilla qui s’oppose au gouvernement central jusqu’en 1996.  
 
La vie politique du Guatemala est rythmée par une succession de dictatures militaires. Sur le plan social, le pays est le théâtre d’affrontements incessants entre d’un côté l’armée et de l’autre une guérilla composée d’officiers regroupés au sein des Forces Armées Révolutionnaires, créées en 1962, et d’une fraction du Parti Communiste. La violence de la répression, la Théologie de la Libération qui agite une partie de l’Eglise guatémaltèque et la prolétarisation des paysans et des artisans donnent, dans les années soixante-dix, un nouvel élan à la guérilla.  
 
Parallèlement, celle-ci élargit sa base en se rapprochant de la population autochtone. Regroupés au sein de l’URNG[1], les mouvements armés [2] sont sévèrement réprimés par les gouvernements militaires successifs. Le mouvement se retrouve alors incapable de mener des actions dans les campagnes et se replie sur les villes et en particulier sur la capitale. De nombreux actes de sabotage économique sont organisés et plusieurs figures importantes sont assassinées, parmi lesquelles l’ambassadeur des Etats-Unis, John Gordon Mein.  
 
La guerre civile du Guatemala, la plus meurtrière d’Amérique Centrale, affiche un bilan sanglant, spécialement entre 1980 et 1985 : 200.000 morts et 40.000 disparus, essentiellement des civils mayas, en plus d’un million de déplacés internes et de dizaines de milliers de réfugiés...  
 
Ce n’est qu’en 1986 avec l’élection du président Vinicio CEREZO, démocrate-chrétien, que l’armée restitue le pouvoir aux civils après 23 ans, en conservant toutefois un pouvoir de blocage empêchant toute réforme contraire à ses intérêts.  
 
En 1987, le Guatemala adhère aux accords de pacification et de démocratisation de la région (Esquipulas) et le président entame un dialogue avec l’opposition armée. En mars 1990, « l’accord de base pour la recherche de la paix par des moyens politiques » est signé à Oslo entre le gouvernement et l’URNG.  
 
Le 14 janvier 1991, Jorge SERRANO est élu légalement à la tête du pays. L’année suivante, Rigoberta MENCHU, figure symbolique de la cause indienne reçoit le prix Nobel de la paix et est par la suite associée aux négociations. Le président SERRANO, contraint à la démission et à l’exil après une tentative d’« auto golpe » avortée, est remplacé par l’ombudsman pour les Droits de l’Homme, Ramiro de LEON CARPIO. En 1994, des accords intermédiaires sont signés et en 1995, la MINUGUA (Mission des Nations Unies au Guatemala) est créée.  
 
En janvier 1996, les élections présidentielles amènent au pouvoir Alvaro ARZU IRIGOYEN, représentant le PAN (Partido de Avanzada Nacional), parti de l’élite économique traditionnelle. Le 29 décembre 1996, les « Accords pour une paix ferme et durable » sont signés, mettant ainsi fin à 36 ans de guerre civile. La situation des Droits de l’Homme s’améliore singulièrement.  
 
Le 26 décembre 1999, un nouveau président est élu à la tête du pays : Alfonso PORTILLO CABRERA (FRG, Frente Republicano Guatemalteco, parti de droite). Son parti obtient également une majorité des sièges au Congrès [3]. Durant cette présidence, le Guatemala conserve des liens forts avec les Etats-Unis mais se rapproche sensiblement de ses voisins et relance le processus d’intégration en Amérique Centrale. On assiste également à la consolidation des accords de paix [4], la création d’instances de dialogue et la volonté d’entamer des réformes, notamment en matière fiscale ou militaire. Cependant, la composition hétérogène de ce gouvernement regroupant d’anciens guérilleros comme des hommes d’extrême droite a fait obstacle à la mise en place d’une politique cohérente et freine une grande partie des réformes. Des problèmes d’extrême pauvreté, touchant principalement la population maya, subsistent et nourrissent une criminalité galopante.  
 
En effet, le phénomène des maras , gangs de jeunes ultra-violents « formés » à la guerre urbaine dans les ghettos des Etats-Unis, d’où la plupart des membres se sont fait expulser, sévit dans le pays. Ces bandes, financées par le crime organisé et fortes de plusieurs dizaines voire centaines de milliers de membres dans le pays, font régner la terreur dans leur quartier. Le taux d’homicide [5] est au Guatemala trente fois supérieur à celui de la France. Le pays et ses voisins tentent aujourd’hui de résoudre ce problème de manière conjointe et concertée.  
 
Aujourd’hui, 50% des dispositions des accords de paix ont été mises en œuvre mais des progrès substantiels doivent encore être réalisés s’agissant de l’intégration des peuples indigènes qui représentent 60% de la population. Lors d’une visite dans le pays en mai 2006, Mme Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a exprimé sa satisfaction après l’élection du Guatemala au sein du nouveau Conseil des Droits de l’Homme. Elle a également déclaré être impressionnée par le niveau d’engagement de la société civile mais surprise par l’attitude de défiance de celle-ci à l’égard des autorités. Enfin, elle a souligné l’importance des progrès constatés en matière de Droits de l’Homme, mais a rappelé que ceux-ci étaient encore insuffisants.  
 
L’élection en décembre 2003 d’Oscar BERGER PERDOMO à la tête du pays marque le rejet du populisme autoritaire mais aussi le retour aux affaires de la droite conservatrice. Issu d’une famille aisée de propriétaires terriens, l’actuel Président a déjà plus de 20 ans de carrière politique. De 1991 à 1999, il est maire de la capitale où il laisse le souvenir d’un dirigeant intègre et dynamique. Il a mené sa campagne présidentielle appuyé par le secteur privé et à la tête d’une coalition de trois petits partis de droite, le GANA (Gran Alianza Nacional). Le phénomène des « transfuges », très fréquent dans le pays, fait que le Président n’est plus aujourd’hui appuyé que par 28 députés au Congrès, sur un total de 158, ce qui rend toute réforme extrêmement difficile.  
 
Sur le plan économique, son bilan à mi-mandat décevant est à relativiser du fait de l’ampleur des destructions provoquées par l’ouragan Stan ainsi que des difficultés liées à la hausse des prix du pétrole et à la persistance d’une forte insécurité. Son objectif d’augmentation de la pression fiscale a dû être abandonné en raison de l’hostilité de l’oligarchie guatémaltèque. Pour accroître ses ressources budgétaires, le gouvernement mise désormais sur la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Cependant, des avancées ont été enregistrées notamment dans les domaines de l’intelligence civile, du cadastre et on a également constaté une légère augmentation du salaire minimum.  
 
 
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[1] : Union Nationale Révolutionnaire Guatémaltèque  
 
[2] : l’Armée de la Guérilla des Pauvres (EGP), d’inspiration marxiste-léniniste et l’Organisation du Peuple en Arme (ORPA), indigéniste  
 
[3] : 63 des 113 sièges, contre 37 pour le PAN  
 
[4] : bien que leur application intégrale, prévue pour le 31 décembre 2000 ait été retardée  
 
[5] : 50 pour 100.000 de moyenne nationale, soit 6.000 victimes en 2005 et une croissance de 25% au 1er semestre 2006 
 
 
 
Politique extérieure 
Premier client et fournisseur (50% des exportations et 33% des importations), l’un des principaux pourvoyeurs d’aide au développement, hébergeant sur leur territoire environ 1,2 million de Guatémaltèques dont la moitié d’illégaux, les Etats-Unis constituent, comme pour l’ensemble de la région, le partenaire incontournable du Guatemala. Les liens économiques, déjà importants, devraient se trouver renforcés avec la prochaine entrée en vigueur du traité de libre-échange entre l’Amérique Centrale et les Etats-Unis (CAFTA).  
 
Les Etats-Unis ont soutenu la récente réforme des forces armées et l’initiative des pays de la région de créer une force conjointe de réaction rapide. De plus, ils ont versé une aide de 3,2 M USD pour l’acquisition de matériel militaire visant la lutte contre le narcotrafic, estimant que le Guatemala doit intensifier ses efforts dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, le crime organisé et l’immigration illégale.  
 
Cependant, cette grande proximité n’empêche pas le Guatemala de mener une politique étrangère indépendante, comme il l’a démontré en refusant de participer à la coalition dans la guerre contre l’Irak.  
 
L’intégration régionale constitue une des priorités de la politique étrangère du Guatemala et a reçu une nouvelle impulsion depuis l’entrée en fonction du gouvernement Berger. A ce titre, le pays est membre du SICA (Système d’Intégration Centraméricain). Bien que le Salvador soit le principal concurrent dans la course aux investissements étrangers, c’est avec ce pays que les principaux progrès ont été enregistrés. Les efforts des autorités guatémaltèques sont essentiellement orientés vers l’intégration économique et douanière. Aujourd’hui, les autorités se félicitent de la décision prise par le Sommet UE/ALC de Vienne en mai, d’engager des négociations en vue de l’adoption d’un accord d’association.  
 
Un rapprochement entre l’Union Européenne et le Guatemala est perceptible. Ce dernier souhaite en effet s’affranchir un peu de la relation déséquilibrée qu’il entretient avec les Etats-Unis. De plus, le poids de la coopération européenne, la 1ère en volume, est très important pour le pays, principal bénéficiaire, avec le Nicaragua, de l’aide communautaire en Amérique Centrale (environ 30 M€ par an). Cependant, l’importance de la coopération ne trouve pas de réelle traduction en termes d’influence politique pour l’Europe. Enfin, l’UE est le 2ème partenaire commercial du Guatemala dont les exportations sont favorisées par le Schéma de Préférences Généralisées communautaire.  
 
La relation du Guatemala avec l’Asie est basée sur l’aide et sur d’importants investissements dans les « maquilas »[1]. Le pays maintient des relations diplomatiques avec Taiwan qui à son tour verse une aide au développement substantielle. De plus, un accord de libre-échange a été signé entre les deux pays le 22 septembre 2005. Cependant, les relations avec la Chine prennent de plus en plus d’importance.  
 
Le Japon est le troisième pourvoyeur d’aide du pays après l’UE et les Etats-Unis avec un volume annuel de 25 M USD de dons et 10 M USD de crédits, essentiellement destinés à la construction de routes, à l’alimentation en eau potable et à l’éducation.  
 
Le Guatemala est présent au niveau multilatéral. En effet, il participe aux opérations de maintien de la paix de l’ONU en Haïti et en République Démocratique du Congo. De plus, le pays s’est porté candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2007-2008, candidature qui rivalise avec celle du Venezuela pour le Grulac.  
 
Le Guatemala fait partie du programme pilote sur les financements innovants en faveur du développement et a décidé d’apporter son soutien à l’initiative française relative à l’établissement d’une taxe internationale sur les billets d’avion.  
 
[1] ateliers de confection transformant du tissu étranger avant de le réexporter  
 
[2] dont 80% dans les secteurs de l’industrie pharmaceutique et de la chimie  
 
[3] Groupe d’Action Financière, organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme 
 
 
 
Economie 
Pays le plus peuplé d’Amérique Centrale, le Guatemala jouit d’une certaine stabilité macroéconomique et financière avec un faible taux d’endettement. Le pays enregistre des chiffres encourageants, notamment en matière de croissance avec un taux de 3,2% en 2005, meilleur résultat depuis 2001. Ce regain d’activité a été particulièrement marqué dans le secteur de la construction du fait des travaux de réparation des dégâts causés en octobre par l’ouragan Stan, dont le coût a été estimé à plus de 900 MUSD.  
 
Cette croissance est également due à une augmentation de l’investissement (+2,6%), spécialement dans le secteur privé. L’agriculture, qui représente 22% du PIB a affiché une croissance de 3%. De son côté, l’industrie (19% du PIB) a enregistré une croissance de 2,9%. Les chiffres de l’année 2006 s’annoncent encore meilleurs grâce à la relance de l’investissement public et à l’augmentation des exportations qui devraient être stimulées par l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange de l’Amérique Centrale avec les Etats-Unis (CAFTA) et du régime spécial européen d’encouragement en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance.  
 
Ces bons résultats doivent être cependant relativisés par un important taux d’inflation : malgré les interventions de la Banque Centrale sur le marché monétaire, l’inflation a atteint 8,57% quand l’objectif initialement fixé était de 4 à 6%. Ce dérapage s’explique, à hauteur d’un tiers, par la flambée des prix du pétrole et par l’augmentation des « remesas » (transferts de devises des travailleurs immigrés essentiellement en provenance des Etats-Unis) qui représentent aujourd’hui plus de 10% du PIB. Ces importants transferts ont permis une augmentation de 9,2% des réserves. Celles-ci atteignent 3,8 Mds USD, soit l’équivalent de 4,4 mois d’importations. En parallèle, ces transferts ont permis une diminution du déficit courant de l’ordre de -4,2%.  
 
En 2005, le montant des exportations s’est élevé à 5,3 Mds USD (+9,5%) et celui des importations à 10,4 Mds USD (+11,5%). Le déficit commercial atteint plus de 5Mds USD et représente 16,6% du PIB. Les exportations traditionnelles (café, pétrole, bananes) progressent de plus de 20% et les produits textiles représentent encore près du tiers des exportations malgré la concurrence des pays asiatiques à coût de main d’œuvre plus faible. L’économie guatémaltèque est dominée par l’agriculture et par une industrie d’assemblage à faible valeur ajoutée.  
 
La politique d’austérité menée par le gouvernement a porté ses fruits puisque le déficit budgétaire représente aujourd’hui 1,5% du PIB (dont 0,4% au titre des travaux de reconstruction) quand l’objectif était de 1,8% du PIB. Les efforts pour augmenter les recettes se sont soldés par une augmentation de 6% par rapport à 2004. Cependant, le taux de pression fiscale serait passé de 10,1% du PIB en 2004 à 9,9% du PIB en 2005 [1] alors que les Accords de paix de 1996 prévoyaient d’atteindre 12% du PIB en 2002.  
 
Le budget voté par le Parlement ne permettra pas de répondre aux besoins urgents du pays en matière d’éducation (taux d’illettrisme de 30%), de santé (plus de 50% des enfants touchés par la malnutrition), de sécurité (environ 15 homicides/ jour) et d’assistance sociale (taux de chômage atteignant 30%, 57% de la population vivant dans la pauvreté, inégalités criantes : 2% de la population possède 72% des terres). Cependant, cette prudence budgétaire a permis au Guatemala de présenter un des plus faibles taux d’endettement public d’Amérique latine : 19,9% du PIB en 2005. La volonté de l’Etat de limiter sa dépendance à l’égard des bailleurs de fonds internationaux se traduit par des efforts pour maintenir la dette externe à un niveau stable (pour 2005 : 3,8 Mds USD, soit 12,6% PIB). Ainsi, le paiement des intérêts de la dette publique n’a représenté en 2005 que 10,2% des dépenses budgétaires de l’Etat.  
 
 
[1] : niveau le plus faible d’Amérique latine 
 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 23.12.2006
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