PRINCIPALES INFORMATIONS
Nom officiel : République de l’Equateur
Données géographiques
Superficie : 283 560 km²
Population : 13 millions d’habitants
Capitale : Quito (1,6 M d’habitants)
Villes principales : Guayaquil (2,6 M d’habitants), Cuenca (0,5 M d’habitants)
Langue officielle : espagnol (93% de la population). Langues indigènes : Quechua, Shuara
Monnaie : dollar américain
Fête nationale : 10 août (1830)
Données démographiques
Croissance démographique : 2 %
Espérance de vie : 71 ans
Taux d’alphabétisation : 92 %
Religion : 94% de catholiques, 6% de protestants
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,759 (82ème rang)
Données économiques
PIB (2005) : 33 Mds de dollars PIB par habitant (2005) : 2 500 dollars Taux de croissance (2005) : + 3,9 % (contre + 6,9 % en 2004) Taux de chômage (2005) : 10 %
Taux d’inflation (2005) : 3,1 % (contre 1,9 en 2004)
Dette publique (fin 2005) : 43 % du PIB
Balance commerciale (solde FOB/FOB) : + 925 M de dollars
Principaux clients (2005) : Etats-Unis (50,38 %), Pérou (8,82 %), Colombie (4,66 %), Italie (3,84%), Chili (3,06%), Espagne (2,09 %), Allemagne (2 %), Hollande (1,94 %),(France : 0,89%.
Principaux fournisseurs (2005) : Etats-Unis (19,18 %), Colombie (14,4 %), Brésil (7,13 %), Venezuela (4,69 %), Chili (4,27 %), Pérou (3,85 %), Japon (3,61 %), Argentine (3,60 %), (France : 0,66%).
Composition du gouvernement de la République de l’Equateur
Président de la République, M. Alfredo PALACIO (20.04.05)
Gouvernement du 11 mai 2005
Remanié les 15.06.05, 08.08.05, 19.08.05, 05.09.05, 08.09.05, 14.09.05, 11.10.05, 12.10.05, 17.10.05, 14.12.05, 29.12.05, 22.02.06, 08.03.06, 20.03.06, 30.05.06, 13.07.06, 02.08.06, 03.08.06, 28.08.06, 27.09.06 et 18.10.06
Vice-Président, M. Alejandro SERRANO (04.05.05)
Ministres
Ministre de l’Intérieur, M. Antonio ANDRETTA ARIZAGA (11.07.06)
Ministre des Relations extérieures, M. Francisco CARRION (11.10.05)
Ministre de la Défense nationale, Gal. Manuel Marcelo DELGADO ALVEAR (28.08.06)
Ministre de l’Economie et des Finances, M. José JOUVIN (18.10.06)
Ministre de l’Energie et des Mines, M. Iván RODRIGUEZ (15.06.05)
Ministre de l’Education et de la Culture, M. Raúl VALLEJO (29.12.05)
Ministre de la Santé publique, M. Guillermo WAGNER (30.05.06)
Ministre du Bien-être social , M. Rubén Alberto BARBERAN TORRES (08.03.06)
Ministre du Travail, M. José SERRANO SALGADO (03.08.06)
Ministre des Travaux publics, M. Pedro LOPEZ TORRES (13.07.06)
Ministre du Logement et du Développement urbain par intérim, M. Héctor VELEZ (14.12.05)
Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Pablo RIZZO (03.05.05)
Ministre du Commerce extérieur, de l’Industrie, de la Pêche et de la Compétitivité, M. Tomás PERIBONIO PEDUJE (27.07.06)
Ministre du Tourisme, Mme Maria Isabel SALVADOR (25.04.05)
Ministre de l’Environnement, Mme Anita ALBAN (27.04.05)
Secrétaires d’Etat, avec rang de Ministre
Secrétaire national aux Sports, à l’Education physique et aux Loisirs, M. Omar CEVALLOS (25.04.05)
Secrétaire générale de l’Administration publique, M. Rafael PARREÑO NAVAS (10.07.05)
Secrétaire à la Communication, à la Citoyenneté et Porte-Parole du Gouvernement, M. Gonzalo PONCE (27.09.06)
Secrétaire national à la Planification et au Développement, M. Héctor ESPINEL (21.04.05)
Secrétaire d’Etat, sans rang de Ministre
Secrétaire Particulier du Président de la République, M. Roosevelt CHICA (18.01.06)
Politique intérieure
L’Equateur a connu au cours de la dernière décennie une forte instabilité politique : sept Présidents (en comptant Mme Arteaga, présidente d’un jour) dont trois Présidents élus (Bucaram, Mahuad, Gutiérrez) ont été destitués en cours de mandat, depuis 1996.
L’élection en juillet 1996 de M. Abdalá Bucaram (droite populiste) a précipité la détérioration de la situation politique héritée de son prédécesseur (agitation sociale aggravée par le coût économique du conflit frontalier avec le Pérou). Le caractère imprévisible du chef de l’Etat, l’absence de majorité, l’annonce de mesures résolument libérales à l’opposé de son programme électoral et la forte hausse des tarifs publics ont provoqué des manifestations violentes, conduisant, en 1997 à sa destitution.
Après l’intérim de Fabian Alarcón, Jamil Mahuad, ancien maire de Quito, a été élu Président de l’Equateur en juillet 1998. Il a lancé un programme de redressement économique et financier d’une stricte orthodoxie économique qui plaçait la réduction du déficit budgétaire et de l’inflation au centre des préoccupations gouvernementales. Après des débuts brillants (signature de la paix avec le Pérou), il a été rapidement confronté à une crise financière de grande ampleur qui s’est traduite par une série de faillites bancaires et l’impossibilité de faire face au service de la dette (proche de 100 % du PIB). Les mesures drastiques qu’il a prises pour tenter de juguler la crise (gel des avoirs bancaires) ont précipité son impopularité. Son projet de dollarisation de l’économie a donné le signal d’un mouvement insurrectionnel associant indigènes et une faction de militaires emmenés par le colonel Lucio Gutiérrez, qui l’a contraint à la fuite en janvier 2000. Le triumvirat constitué pour la circonstance a été rapidement désavoué par le haut commandement de l’Armée, qui a transmis le pouvoir au vice-président de la République, M.Gustavo Noboa.
M. Gustavo Noboa a assumé à partir du 22 janvier 2000 la présidence d’un pays au bord du chaos économique et social, ruiné par l’inflation, la dévaluation et les faillites bancaires. Il a confirmé la dollarisation décidée par son prédécesseur et est parvenu à stabiliser l’économie, malgré des relations difficiles avec le Fonds Monétaire International.
L’élection présidentielle du 25 novembre 2002, marquée par un rejet des partis traditionnels, a été remportée par Lucio Gutiérrez qui a constitué un gouvernement de coalition permettant au parti Pachakutik, bras politique du mouvement indigène, d’accéder pour la première fois aux affaires. Sa politique, de plus en plus conforme aux recommandations du FMI, et son rapprochement avec les Etats-Unis provoquent toutefois le départ des ministres indigènes dès août 2003. Affaibli par la guerre de tranchées menée par l’opposition au Congrès, étrillé aux élections locales d’octobre 2004, le Président tente de modifier unilatéralement la composition de la Cour suprême de justice, pour reconstituer ses soutiens. Contraint de décréter l’état d’urgence le 15 avril 2005 devant l’ampleur des manifestations, le Chef de l’Etat est destitué par le Congrès le 20 avril 2005.
Son Vice-Président, M. Alfredo Palacio prend le pouvoir avec l’ambition affichée de « refonder l’Etat ». Il propose une série de projets de referendum visant à réformer les institutions par la création d’une Assemblée constituante, apte à défier un Congrès unanimement décrié dans l’opinion (1% d’opinions favorables). Mais ce dernier s’emploiera à saper toutes ces tentatives, y compris son projet d’une large réforme électorale, qui n’aboutira qu’à une plus grande complication du système de répartition des sièges aux élections législatives. Le Chef de l’Etat parvient cependant à faire passer sa Loi sur les hydrocarbures (19 avril 2006), destinée à répartir plus équitablement (à parts égales) l’excédent des bénéfices tirés de la hausse des prix du pétrole entre l’Etat et les compagnies pétrolières. Mais l’annulation, un mois plus tard, du contrat consenti à la compagnie américaine OXY pousse les Américains à geler la négociation d’un Traité de libre-échange (TLC). Si cette situation écarte la menace d’une forte agitation indigène sur ce thème, elle pénalise l’Equateur face à son principal client et fournisseur, alors que les préférences douanières accordées aux pays andins par les Etats-Unis au titre de l’APTDEA doivent s’achever au 31 décembre.
Le premier tour des élections présidentielle et législatives, le 15 octobre 2006, met en lumière la victoire des courants « populistes » au Congrès (PRIAN d’Alvaro Noboa, PSP de Lucio Gutiérrez) au détriment des deux grands partis traditionnels de la Costa et de la Sierra (PSC, ID) qui perdent la moitié de leurs représentants et, de ce fait, la position hégémonique qu’ils occupaient depuis 15 ans. Le second tour de l’élection présidentielle (26 novembre) a opposé M. Alvaro Noboa, magnat de la banane ultra-libéral arrivé en tête du premier tour, à M. Rafael Correa, nouveau venu à la politique (éphémère ministre des Finances en 2005), candidat anti-système et tenant d’une gauche d’inspiration chaviste. Ce dernier, âgé de 43 ans, a remporté une large victoire avec 56,5% des voix. La priorité affichée du nouveau président, qui sera investi le 15 janvier 2007, est la création d’une Assemblée constituante, après consultation référendaire, de manière à refondre les institutions. Le Congrès lui est majoritairement hostile : il n’y dispose d’aucun député de son parti celui-ciayant appelé au boycott des élections législatives) mais de quelques appuis et de la neutralité du PSP. Sa légitimité électorale le place toutefois en meilleure posture que M. Palacio. La présidence de M. Correa s’annonce sous le signe d’un fort volontarisme social, d’une approche nationaliste à l’égard du secteur pétrolier comme des institutions financières internationales (renégociation de la dette), et d’une défiance affichée à l’égard des Etats-Unis.
Politique extérieure
Relations avec les pays d’Amérique du Sud
L’Equateur est membre de la Communauté Andine des Nations (CAN), vers laquelle il dirige près de 15 % de ses exportations. Les autorités sont attentives à renforcer les relations avec leurs voisins et recherchent activement, avec leurs partenaires de la CAN, un accord d’association avec l’Union Européenne. Quito a pris l’initiative d’organiser un sommet extraordinaire de la Communauté Andine, le 13 juin 2006, pour remédier à sa crise faisant suite à la défection du Venezuela.
Les relations avec la Colombie sont dominées par les conséquences du conflit sur la frontière nord de l’Equateur. L’Equateur s’est engagé à renforcer les contrôles dans la région mais s’est jusqu’à présent refusé à qualifier les groupes armés illégaux de groupes terroristes. Toutefois, diverses affaires relativement récentes (notamment l’arrestation et l’extradition de membres des FARC, en 2004 et 2005) traduisent une volonté plus marquée de fournir des gages de bonne volonté à l’axe Washington-Bogotá et de maintenir avec la Colombie une concertation étroite. Celle-ci a permis jusqu’ici de désamorcer les incidents à répétition dûs aux fréquents empiètements de l’armée colombienne sur le territoire ou dans le ciel équatorien, à l’occasion d’opérations anti-guerilla.
Un accord de paix a été signé avec le Pérou en octobre 1998, mettant fin au différend frontalier marqué par plusieurs conflits armés, dont celui de 1942 qui amputa de moitié le territoire équatorien. Malgré une méfiance persistante à l’égard du nationalisme péruvien, l’Equateur s’est engagé dans divers projets transfrontaliers et a totalement normalisé ses relations avec le Pérou.
Avec le Chili, les relations sont traditionnellement excellentes, forgées dans le passé sur le principe de « l’alliance à revers » contre le Pérou. A l’égard du Venezuela de Chavez, elles étaient intéressées, compte tenu de ses largesses, mais fondamentalement empruntes de méfiance. La victoire électorale de M. Rafael Correa, ami affiché du Président Chavez, va vraisemblablement se traduire par un rapprochement avec Caracas.
L’Equateur fait également partie du groupe de Rio, de l’OEA, de l’ALADI, du SELA, de la Commission Permanente du Pacifique Sud, du TIAR, de l’OTCA et de la Communauté Sudaméricaine des Nations (créée en 2004).
Relations avec les Etats-Unis
Principal partenaire commercial (50 % des exportations), les Etats-Unis sont préoccupés par la montée du trafic de drogue, les infiltrations de la guérilla colombienne sur le territoire équatorien et l’immigration illégale (plus de 2 millions d’Equatoriens vivent aux Etats-Unis).
Difficiles avec le Président Noboa, les relations équato-américaines sont devenues chaleureuses sous la présidence de Lucio Gutiérrez, qui se déclarait le « meilleur allié des Etats-Unis dans la lutte contre la corruption, contre la faim, contre le trafic de drogue et le terrorisme ». Si le Président Palacio a engagé des négociations en vue de conclure un traité de libre-échange avec les Etats-Unis, tout l’édifice s’est écroulé en 2006 après l’adoption de la loi sur les hydrocarbures et l’expulsion de la compagnie Occidental Petroleum (Oxy).
Malgré leur dépendance commerciale à l’égard des Américains, et les précautions qu’elle implique, les dirigeants équatoriens doivent également ménager toute une frange de l’opinion incluant les mouvements indigènes, radicalement hostile à « l’impérialisme » (qu’il s’agisse de TLC, du Plan Colombie ou de l’usage par les Américains de la base de Manta) et susceptible de paralyser le pays, voire de destituer le président en exercice. Le nouveau Président incarnant précisément cette posture « anti-impérialiste », un relatif refroidissement des relations avec les Etats-Unis est à prévoir.
Relations avec l’Union européenne
L’Equateur réalise environ 13 % de son commerce extérieur avec l’Union européenne, qui ouvre un très large accès au marché européen (produits industriels, quasiment tous leurs produits agricoles) à travers le Système de Préférences Généralisées (SPG drogues, devenu en 2006 SPG +).
Après la crise de la CAN et le Sommet UE/ALC de Vienne au printemps 2006, les perspectives d’ouverture de négociations sur un accord d’association entre l’Union Européenne et la CAN, ardemment souhaité par l’Equateur, n’ont jamais été aussi bonnes.
Economie
L’économie équatorienne a pleinement récupéré des conséquences de la crise de 1999. Elle a dégagé en 2004 un taux de croissance de + 6,9 %, notamment grâce au dynamisme du secteur pétrolier, mais avec un net fléchissement en 2005 (+ 3,9%). Le retour de la croissance s’est accompagné d’un redressement des grands équilibres. La politique de réformes voulues par l’actuel président est toutefois soumise aux aléas de la vie parlementaire et à l’instabilité ministérielle.
L’essor pétrolier des années 70 s’est accompagné d’un endettement croissant qui, joint à une gestion budgétaire laxiste, a provoqué une difficulté chronique à assurer le service de la dette (100 % du PIB en 1999). Le dernier accord conclu avec le FMI en mars 2003 (205 Md$) comporte, outre des obligations budgétaires à court terme, des mesures de réforme de l’institution des douanes et de la fonction publique ainsi qu’une révision du système fiscal. L’Equateur s’est également engagé à liquider les banques en faillite tombées dans le giron de l’Etat. Enfin, un fonds spécial est désormais approvisionné par les bénéfices issus des ventes de pétrole à partir du seuil de 18 $ le baril (10 % de ces ressources sont réservées à des dépenses sociales, 20 % conservées comme fonds de prévention et 70 % consacrées à des rachats de dettes). Depuis la flambée des prix du brut, l’objectif affiché de réduire le ratio d’endettement à 40% du PIB fin 2007 semble désormais à portée de la main (43,9% en 2005).
Grâce à la hausse du prix du pétrole, la balance commerciale est devenue excédentaire depuis 2004 (le secteur pétrolier génère environ 20% du PIB, 50 % des recettes d’exportations et plus de 25% des recettes budgétaires). Malgré le défi de la dollarisation, instaurée en janvier 2000, qui oblige les entreprises à des efforts de compétitivité, les autres exportations (en particulier la banane et la crevette, 17 % des exportations) progressent de manière soutenue. Ces facteurs favorables, conjugués au retour à une certaine orthodoxie financière sous la pression du FMI, ont permis de réduire le déficit budgétaire et de dégager des excédents commerciaux (1 % du PIB en 2005, et sans doute 2 % en 2006), même si des dérives en matière de dépenses publiques se font déjà sentir en 2006, année électorale.
A plus long terme, le potentiel de croissance du pays est handicapé par plusieurs facteurs. S’agissant du secteur pétrolier, l’adoption d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures (avril 2006) va certes augmenter les recettes de l’Etat au détriment des compagnies pétrolières. Mais le départ forcé de l’américaine OXY, qui réalisait 20 % de la production nationale, et la dévolution de sa concession à Petroecuador, qui ne dispose pas des mêmes moyens, devrait se traduire par une baisse sensible de la production qui pourrait affecter l’équilibre financier du nouvel oléoduc OCP. En outre, la perspective d’un traité de libre-échange avec les Etats-Unis (premier fournisseur et client de l’Equateur) s’est éloignée, à la suite de ce contentieux, alors que les facilités consenties par les Américains au titre de l ‘ATPDEA devraient prendre fin au 31 décembre 2006. Pour le secteur non pétrolier, l’instabilité politique et juridique, et le blocage de la plupart des réformes de structure constituent des handicaps sérieux.
L’Equateur doit relever deux principaux défis à court terme : l’amélioration de la compétitivité de l’économie et la définition d’un cadre unifié pour les finances publiques. Faute de parvenir à des avancées significatives sur ces points, le pays pourrait manquer les opportunités ouvertes par la dollarisation et les efforts de stabilisation conduits dans le cadre de la loi de responsabilité budgétaire.