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PRINCIPALES INFORMATIONS

Nom officiel : Etats-Unis du Mexique  
 
 
Données géographiques 
 
Superficie : 1.972.546 km2  
Population : 105 M (2004)  
Capitale : Mexico  
Villes principales : Mexico, Guadalajara, Monterrey, Puebla, Querétaro, Toluca  
Langue officielle : Espagnol  
Monnaie : Peso  
Fête nationale : 16 septembre  
 
 
Données économiques 
 
Croissance démographique : 1,3 2002)  
Espérance de vie : 73,1 ans  
Taux d’alphabétisation : 91,4 chez les plus de 15 ans)  
Religion (s) : 87,9 e catholiques ; 7,3 e protestants, baptistes ...  
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0.800 ; 55ème  
PIB : 685,2 MDS $ (2005)  
(France : 1 648,40 milliards d’euros en 2004)  
PIB par habitant : 6450 $ (2005)  
(France : 26 510 € en 2004)  
Taux de croissance : 3 2005) ; 4,4 2004) ; 1,1 003)  
Taux de chômage : 3,9 004)  
Taux d’inflation : 3,3 2005) ; 5,2 2004) ; 4 003)  
Solde courant : - 8 Mds Us $ (2004) ; - 9,1 Mds Us $ (2003)  
Balance commerciale : - 7 Mds Us $ (2005)  
Principaux clients : Etats-Unis (88 Amérique centrale et du Sud (4 UE (3,5 
Principaux fournisseurs : Etats-Unis (63,2 UE (9,9 Japon (5,5  
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2002) :  
Agriculture/mines : 4,9 0D 
Industrie/construction : 21,70D 
services : 73,4D 
 
 
 
Composition du gouvernement des Etats-Unis  
mexicains 
 
Président Constitutionnel des Etats-Unis Mexicains, M. Felipe CALDERON HINOJOSA (01.12.2006)  
 
Gouvernement du 1er décembre 2006  
Ministres  
Ministre de l’Intérieur, M. Francisco RAMIREZ ACUNA Chef du Bureau de la Présidence de la République, M. Juan Camilo MOURINO TERRAZO  
Ministre des Relations extérieures, Mme Patricia ESPINOSA CANTELLANO  
Ministre des Finances et de la Dette publique, M. Agustin CARSTENS  
Ministre de la Défense nationale, Général Guillermo GALVAN GALVAN  
Ministre de la Marine, Amiral Mariano Francisco SAYNES MENDOZA  
Ministre de l’Économie, M. Eduardo SOJO GARZA-ADALPE  
Ministre du Développement social, Mme Beatriz ZAVALA PENICHE  
Procureur général de la République, M. Eduardo MEDINA-MORA ICAZA  
Ministre de la Sécurité publique, M. Genaro GARCIA LUNA  
Ministre de la Fonction publique, M. German MARTINEZ CAZARES  
Ministre des Communications et des Transports, M. Luis TELLEZ KUENZLER  
Ministre du Travail et de la Prévision sociale, M. Javier LOZANO ALARCON  
Ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles, M. Juan Rafael ELVIRA QUESADA  
Ministre de l’Énergie, Mme Georgina KESSEL MARTINEZ  
Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, du Développement rural et de l’Alimentation, M. Alberto CARDENAS JIMENEZ  
Ministre de l’Éducation Publique, M. Josefina VAZQUEZ MOTA  
Ministre de la Santé, M. Jose Angel CORDOBA VILLALOBOS  
Ministre du Tourisme, M. Rodolfo ELIZONDO TORRES  
Ministre de la Réforme agraire, M. Abelardo ESCOBAR PRIETO  
 
Maire de Mexico, M. Alejandro Encinas Rodríguez  
 
 
 
Politique intérieure 
 
 
La victoire de Vicente Fox, membre du PAN (Parti d’Action Nationale, libéral), lors de l’élection présidentielle du 2 juillet 2000, a mis un terme à plus de 70 ans d’hégémonie du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel). Le nouveau président s’est engagé à lancer des réformes structurelles (réformes fiscale, du secteur énergétique, du droit du travail et de l’Etat), à répondre aux attentes d’une opinion exaspérée par la corruption, la délinquance et l’insécurité, et à apporter très rapidement une solution au conflit du Chiapas.  
 
Le bilan de M. Fox est mitigé. La transition démocratique a été menée à bien : passage d’une gestion présidentielle du pouvoir à un rôle accru du Parlement (rééquilibrage que l’absence de majorité en faveur de M. Fox et de son parti n’a fait qu’accroître) ; désacralisation de la figure du Président de la République ; renforcement de la crédibilité des élections, par le rôle croissant du juge électoral. Mais, sans majorité au Congrès, le gouvernement de M. Fox a peiné à construire les alliances nécessaires à l’aboutissement de ses principaux projets. On constate ainsi une forte désillusion dans l’opinion publique devant le manque de progrès en matière de réformes économiques, de transformations sociales et de lutte contre la criminalité.  
 
Les élections du 6 juillet 2003 ont vu une progression du PRI et réduit la marge de manœuvre du Président : le projet de budget pour 2005 a été ainsi repoussé à deux reprises. Le climat politique a rapidement été dominé par la question de la succession de M. Fox (qui ne peut se représenter) et a été obscurci par la tentative de mise à l’écart de M. Lopez Obrador de la course à la présidence pour 2006 par le recours à une procédure judiciaire. L’échec de cette procédure a abouti à la démission en mai 2005 du Ministre de la justice et a donné une piètre image de l’indépendance de la justice. M. Obrador est sorti renforcé de cette crise 
 
 
 
Politique extérieure 
 
 
Avec le gouvernement de M. Fox, le Mexique a rénové sa diplomatie, en se proposant un rôle ambitieux sur la scène internationale. C’est dans ce cadre que se sont inscrits le retour au Conseil de sécurité (membre non-permanent 2002-2003) après 20 ans d’absence, les positions adoptées durant la crise irakienne, ainsi qu’à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies (notamment, vote depuis 2002 de la résolution condamnant Cuba) ), ou encore la ratification du statut de la Cour pénale internationale. Le Mexique est également devenu le seul pays ayant signé des accords de libre-échange avec les Etats-Unis (dans le cadre de l’ALENA), le Japon et l’UE.  
 
Le Mexique milite pour une réforme globale de l’ONU, visant à renforcer sa capacité de prévention des crises par l’amélioration de la coordination entre les différents organes onusiens. Concernant l’accroissement éventuel du nombre de membres permanents du Conseil de sécurité, le Mexique considère que cela n’est pas une priorité de la réforme. Il est conscient que son absence de participation aux opérations de maintien de la paix ne fait pas de lui le candidat latino-américain le mieux placé, notamment vis à vis du Brésil. Si un élargissement du CSNU était décidé, le Mexique mènerait une campagne active afin de se voir attribuer un statut analogue à celui du Brésil ; il estime du reste, notamment en raison du facteur linguistique, être mieux à même de représenter l’ensemble latino-américain que ce dernier.  
 
Le sommet des Amériques de janvier 2004 a été marqué par un net réchauffement des relations avec les Etats-Unis. Cette tendance a été confirmée par la suite, et le Mexique a notamment été le pays ayant le plus tenté de sauver le projet américain de ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques) lors du Sommet des Amériques de Mar del Plata en novembre 2005. Le Mexique attend beaucoup du second mandat de M. Bush en ce qui concerne la régularisation de la situation des millions de travailleurs mexicains qui vivent aux Etats-Unis sans titre de séjour, mais le projet de régularisation, à titre provisoire, de ces migrants présenté par M. Bush est toutefois bloqué en raison de l’absence de majorité parlementaire favorable. De nombreux élus américains demandent au contraire un renforcement du contrôle de l’immigration (le projet de construction d’un mur séparant les deux pays est évoqué) et le président américain lui-même a annoncé début décembre 2005 que son pays mettrait en place de nouveaux moyens technologiques pour renforcer la sécurité à la frontière.  
 
L’échec (au printemps 2005) de la candidature du Ministre des relations extérieures, Luis Ernesto Derbez, au poste de Secrétaire général de l’OEA, en dépit du soutien apporté par les Etats-Unis, a montré que le Mexique avait sans doute trop négligé de cultiver sa relation avec l’Amérique du Sud. Il axe désormais sa stratégie sur le développement de relations avec l’Amérique centrale - en développant l’initiative du Plan Puebla-Panama (plan de développement des infrastructures, qui tarde toutefois à prendre son envol, mais qui a été relancé fin 2005) - et avec le MERCOSUR (auquel il a demandé à adhérer comme observateur).  
 
La proximité avec les Etats-Unis a également provoqué des tensions avec les pays ayant adopté une stratégie différente. Ce fut tout d’abord le cas des relations avec Cuba (traditionnellement très bonnes), notamment en 2004 à la suite des accusations portées par Cuba sur la corruption au Mexique (rappel des Ambassadeurs). Les déclarations critiques du Président Fox à l’égard de M. Kirchner, accusé de s’être occupé exclusivement des intérêts de son pays durant le Sommet des Amériques de Mar del Plata en novembre 2005, ont également perturbé la relation avec l’Argentine. Mais c’est la relation avec le Vénézuéla qui connaît la crise la plus aiguë (rappel des Ambassadeurs), Hugo Chavez ayant, à la suite de Mar del Plata, accusé M. Fox de servir servilement la politique américaine.  
 
 
 
Economie 
Membre de l’OCDE (dont Angel Gurria, ancien ministre des Finances et des Affaires étrangères du Mexique a été nommé Secrétaire général), dixième économie mondiale, 2ème pays émergent récipiendaire d’investissements directs étrangers (IDE évalués à 10 à 16 Mds $ par an), 8ème exportateur, le Mexique, dont le commerce extérieur est supérieur à celui de toute l’Amérique latine (Brésil inclus), est la première économie d’Amérique latine. Le Mexique a importé en 2005 pour plus de 200 M $, c’est-à-dire autant que tous les autres pays d’Amérique latine. Il abrite de nombreux grands groupes industriels, tels que Pemex (4ème producteur mondial de pétrole), Cemex (3ème producteur mondial de ciment), Bimbo (1er groupe mondial de boulangerie industrielle). Le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est en croissance constante et représente le second marché latino-américain (derrière le Brésil). Le Mexique est également le 11ème producteur (et ambitionne d’en devenir le 5ème d’ci 2010) et le 11ème marché automobile mondial, ainsi que le 9ème marché mondial et premier marché latino-américain en produits pharmaceutiques.  
 
Après trois années de stagnation, 2004 a été un tournant favorable : retour à une croissance affirmée (4 exportations en hausse (14,5 reprise du secteur des « maquiladoras », bonne orientation de la demande interne et hausse de l’investissement (7,5malgré un taux d’investissement qui reste inférieur à 20 u PIB), hausse de la production industrielle (plus de 4 La consommation a été dynamique, avec une hausse de 5es ventes de détail et de 7,5our les ventes de gros. Les « remesas », tranferts de devises en provenance des immigrés mexicains aux USA, ont atteint 17 Mds US $ (2,6 u PIB) et 20 Mds US $ en 2005 ( 24 : elles sont devenues la première source de revenus de l’économie mexicaine. 9,8 M de Mexicains sont officiellement recensés aux Etats-Unis, mais leur nombre pourrait être de près de 20 M et plus de 420 000 Mexicains émigrent clandestinement aux Etats-Unis chaque année.  
 
Les finances publiques sont particulièrement bien tenues : baisse constante du déficit courant depuis 2001 (18 Mds US $ en 2001, 8 Mds en 2004 ; 2,9u PIB en 2001 et seulement 1,3n 2004) ; déficit fédéral de 0,3 u PIB ; progression des recettes du secteur public (5 malgré les difficultés de captation de l’impôt sur le revenu. Le Mexique a conduit depuis cinq ans une politique efficace de réduction de la dette externe (remboursement anticipé des dettes les plus coûteuses et substitution de la dette externe par la dette interne) : celle-ci est ainsi limitée à 26 u PIB (contre 44 n moyenne dans la zone Amérique latine et Caraïbes) et à 93 es exportations (contre 208 our la zone ALC) ; son profil a été amélioré (allongement de la maturité moyenne : 1025 jours) et le service de la dette externe publique a été divisé par 4 en 8 ans (160 Mds $, soit 25u PIB). Les besoins de financement (déficit courant amortissement de la dette externe à long terme) se maintiennent depuis 2002 à 3,8 u PIB (ils sont couverts à 60-70 ar les I.D.E) et le service de la dette est inférieur à 15es recettes courantes. Les réserves de change peuvent être qualifiées de « confortables », avec plus de 60 Mds USD, qui représentent 3,5 mois d’importations et 150 e la dette à court terme. Le projet de budget 2006 comportait un excédent de 0,2 après vote du Congrès, il a été ramené à l’équilibre.  
 
Le secteur bancaire a définitivement tourné en 2004 la page de la crise de fin 1994 (le creusement du déficit courant - 7u PIB en 1994 - avait alors entraîné une crise des paiements dégénérée en crise bancaire ; seule une intervention étrangère massive, conduite par les Etats-Unis, avait alors permis d’enrayer le choc, tout en provoquant un ajustement sévère, le PIB se contractant de 6n 1995). Après dix années de contraction, le secteur a été totalement restructuré et est passé à 90 ous le contrôle de grands groupes anglo-saxons et espagnols ; le bilan des banques mexicaines a progressé de 13 n 2004. Le bilan total du secteur bancaire ne représente encore toutefois que 36 u PIB et le crédit au secteur privé seulement 11,8 en raison d’un environnement juridique très peu sécurisant). L’activité bancaire reste ainsi très en-dessous de son potentiel et pourrait connaître un développement spectaculaire dans les années à venir : le crédit au secteur privé a ainsi enregistré en 2004 une progression de 25,8  
 
En ce qui concerne le commerce extérieur, celui-ci est considérable puisqu’il est supérieur à celui de toute l’Amérique latine (Brésil inclus). Le Mexique a importé en 2005 221 M $, c’est-à-dire autant que tous les autres pays d’Amérique latine et 85 e ces importations sont des produits manufacturés ; ses exportations ont atteint 214 Mds $ (solde : -7 Mds $). Il a signé 43 accords de libre-échange et est le seul pays a avoir signé de tels accords avec les Etats-Unis (dans le cadre de l’ALENA), le Japon et l’Union européenne. Le commerce extérieur de ce pays est marqué par le niveau des échanges avec les Etats-Unis (85 es exportations, mais 56 eulement des importations), qui apparaît tout d’abord comme un atout pour l’économie mexicaine. En 1990, les Etats-Unis comptaient déjà pour 69es exportations mexicaines. Cette part est montée à plus de 83n 1993 à la veille de la signature de l’ALENA. Elle a encore augmenté depuis pour atteindre 88,8n 2003 et se maintenir en 2004 (88,4 Dans ce contexte, la reprise économique enregistrée par les Etats-Unis en 2004 et celle de ses importations, a fortement profité au Mexique : ses exportations vers le voisin du Nord ont ainsi atteint le montant record de 167 Mds USD, soit une progression de près de 14ar rapport à 2003. Dans le même temps, conformément à la tendance enregistrée depuis 2000, le recul des exportations américaines vers le Mexique s’est accéléré : les Etats-Unis ont ainsi perdu 17 points de part de marché en quatre ans, passant de 73n 2000 à 56n 2004. Entre 2000 et 2003, les exportations des Etats-Unis vers le Mexique ont accusé une chute de plus de 17 elles ont légèrement progressé en montant en 2004, passant de 105,6 Mds USD à 110,4 Mds USD, ce qui n’a toutefois pas empêché la part de marché des Etats-Unis de chuter notablement (de 62 56 Au total, et comme d’ailleurs avec la plupart de leurs partenaires commerciaux, les Etats-Unis ont accusé en 2004 un déficit commercial record avec le Mexique, qui s’est monté à plus de 45 Mds USD. Mais la dépendance à l’égard du marché américain apparaît également comme un facteur de vulnérabilité. Ainsi, à titre d’exemple, l’industrie automobile, dominée à 80 ar les fabricants américains, a vu sa production chuter de 10 ur les trois premiers mois de 2005, en raison de la crise traversée par ces derniers. Le Mexique peine à diversifier ses marchés : l’UE, 2ème fournisseur (11 es importations), ne représente que 3,4 es exportations, l’Asie 1,4 t l’Amérique latine 1,4  
 
L’accord de libre échange UE-Mexique est entrée en vigeur le 1er juillet 2000. Il s’agit d’un accord assymétrique : le démantèlement tarifaire permettant aux produits mexicains d’entrer plus rapidement sur le marché communautaire que l’inverse (exemple : libéralisation totale pour les produits industriels mexicains dès le 1er janvier 2003 ; le 1er janvier 2007 seulement en sens inverse). L’ensemble des échanges commerciaux devraient être libéralisés en 2007. Depuis l’entrée en vigueur de cet accord, les exportations de l’UE vers le Mexique ont augmenté de 30mais celles du Mexique vers l’UE de 8eulement, tandis que ce dernier accentuait sa dépendance envers les Etats-Unis. Après avoir, pour la première fois depuis 1995, vu sa part de marché repasser à plus de 10n 2003 (11 n 2005) , l’UE, second fournisseur du Mexique, a confirmé ce résultat en 2004 : la part de marché de l’UE (UE à 15) est ainsi passée de 8,6n 2000 à 10,5n 2004 (près de 11n incluant les Pays d’Europe centrale et orientale). Les exportations ont progressé de 38urant la même période, passant de 15 Mds USD en 2000 à 20,7 Mds USD en 2004 (UE-15).  
 
La montée de la concurrence asiatique sur le marché intérieur et sur le marché américain est l’une des préoccupations majeures des années à venir. L’Asie a gagné 11 points de part de marché en quatre ans sur le marché mexicain, passant de 11n 2000 à plus de 22n 2004. C’est particulièrement le cas de la Chine dont la part de marché a augmenté de façon exponentielle sur les 4 dernières années, passant de 1,7 7,3elle est même passée devant le Japon comme deuxième fournisseur du Mexique, sa part dans les importations passant d’environ 1 n 2000 à près de 9 n 2005). Au premier trimestre 2005, le Mexique a, pour la première fois, enregistré avec la Chine son plus important déficit commercial bilatéral (en hausse de 60 ur 2004). En outre, la Chine a pris depuis 2003 la place du Mexique comme deuxième fournisseur des Etats-Unis, derrière le Canada, et l’écart s’est ensuite creusé. Devant cette progression, qui se confirme de mois en mois, on comprend mieux les craintes des industriels mexicains suite à l’accession de la Chine à l’OMC.  
 
L’évolution du secteur des « maquiladoras » est source d’interrogations. Les maquiladoras ont été mises en place dans les années 70 ; ce sont des entreprises qui bénéficient d’un statut fiscal dérogatoire, qui permet à un exportateur d’importer sans taxe les produits dont il a besoin. Ce régime, qui a incité de nombreuses entreprises à s’installer au Mexique pour exporter vers les Etats-Unis, a connu de 1990 à 2000 une formidable croissance (20 ar an), leur part dans les exportations passant de 35 à 50 Mais entre 2000 et 2003, les exportations des maquiladoras ont baissé de 6 l’emploi de 22 t le nombre des entreprises de 25 Ces difficultés sont principalement liée à la montée de la concurrence chinoise et à la perte d’intérêt progressive du système de la « maquila » au fur et à mesure de la montée en puissance du démantelement tarifaire au sein de l’ALENA. Les maquiladoras, profitant de la reprise economique, sont toutefois reparties à la hausse à partir du second semestre 2004 : leurs exportations ont augmenté de 12,6 n 2004 et cette progression s’est poursuivie en 2005 ( 7 u premier trimestre) ; elles ont recommencé à creer des emplois : 74 000 en 2004, soit une hausse de 7 ce mouvement semblant se poursuivre en 2005, avec près de 24 000 emplois crées sur les deux premiers mois de l’année, soit une hausse de 7,8 n rythme annuel.  
 
Au total, l’année 2005, malgré un tassement de la croissance a été globalement positive : 3 e croissance ; inflation ramenée à 3,3 rebond de l’investissement en 2004 confirmé en 2005. La confiance des marchés envers le Mexique, qui bénéficie de l’appréciation positive sur son intégration avec les Etats-Unis, dans le cadre de l’ALENA (en dix ans, les exportations du Mexique ont triplé en dollars constants) s’est maintenue. La bourse a progressé de 23 n 2005. Le change est resté stable, en dépit de la réduction de l’écart des taux d’intérêt avec les Etats-Unis. La prime de risque sur les obligations souveraines externes du pays a ainsi été inférieure à 200 points de base pratiquement tout au long de l’année. Le 2 novembre 2005, le « risque-pays » mexicain a atteint un minimum historique, à seulement 130 points de base (plus de 350 pour le Brésil et moyenne de 300 environ en Amérique latine). Le Mexique est d’ailleurs le seul pays d’Amérique latine avec le Chili à bénéficier d’une notation souveraine en « investment grade », ce qui lui permet de se financer à des conditions favorables sur les marchés internationaux, et Moody’s a même relevé sa note le 6 janvier 2005.  
 
Des facteurs de vulnérabilité subsistent, tels des tensions inflationnistes (5,2 n 2004, mais 3,3 n 2005, proches de l’objectif de 3e la Banque Centrale), une dépendance à l’égard des recettes pétrolières (38 es recettes totales en 2004), une collecte fiscale très faible (entre 10 et 12 u PIB), une dette publique assez élevée et encore très sensible aux évolutions des taux d’intérêt (les titres à taux variables représentent 66 e la dette domestique), de très grandes inégalités sociales (40 e la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 18 ous celui de l’extrême pauvreté, ce chiffre atteignant 28 ans les zones rurales). La situation de l’emploi reste préoccupante (malgré un chiffre officiel de 4 e chômage le sous-emploi atteindrait 20 e la population), avec une croissance insuffisante pour créer les emplois nécessaires pour un marché du travail où entre chaque année 1 M de personnes. L’économie informelle (estimée entre 25 et 40e l’activité) compense les difficultés de l’emploi dans le secteur formel. La politique monétaire restrictive de la Banque Centrale entraîne en outre les taux d’intérêt à la hausse : le taux « Cetes », à 28 jours, s’établissait en août 2005 à 9,75contre 5,5l y a un an, soit la plus forte hausse parmi les principaux pays émergents ; mais cette tendance s’est infléchie en 2005 : le taux Cetes a été ramené à 8,25 n fin d’année Le Mexique est également touché de plus en plus régulièrement, comme nombre de ses voisins, par des ouragans aux effets dévastateurs : Stan, début octobre 2005, a affecté les zones agricoles du sud-est, mais, les récoltes ayant déjà été faites, ses effets les plus lourds sur la production devraient se faire sentir dans les années à venir ; Wilma, fin octobre 2005, a eu des conséquences beaucoup plus fortes dans la province touristique du Yucatan : le manque à gagner est estimé à plus d’1 Md $ et le coût des reconstructions pour les assurances, à 1,5 Md $. L’impact des deux ouragans sur le PIB serait d’environ 0,25 point.  
 
Enfin, l’absence de majorité parlementaire n’a pas permis l’adoption d’importantes et nécessaires réformes (réforme énergétique, du travail, de l’administration). A titre d’exemple, la loi ne permet pas à l’heure actuelle des investissements étrangers suffisants dans le secteur pétrolier, en raison du monopole de Pemex. Les cours actuels du pétrole ont certes permis au Mexique d’enregistrer en 2005 un excédent de 7,7 Md € dans ce secteur. La polarisation actuelle de la représentation politique autour de trois partis (PAN, PRD, PRI), au potentiel assez comparable, fait craindre que cet immobilisme pèse à nouveau sur le gouvernement issu des urnes lors des scrutins de juillet 2006.  

 

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