PRINCIPALES INFORMATIONS
Nom officiel : République du Nicaragua
Superficie : 129.494 km²
Population (2007) : 5,78 M. hab.
Capitale : Managua
Langue officielle : espagnol
Langues courantes : espagnol, (l’anglais, le miskito et le sumo sont parlés sur la côte atlantique).
Religions : catholiques (73%), mouvements évangélistes (15%), moraves (1.5%), sans confession (8,5%).
Monnaie : Córdoba .
Fête nationale : 15 septembre
Croissance démographique (2007) : 1,8 %
Espérance de vie (2007) : 71 ans
Taux d’alphabétisation (2007) : 77 %
Part de la population vivant en-deçà du seuil de pauvreté (2007) : 48%
Données économiques
PIB (2007) : 5,675 Mds USD
PIB par habitant (2007) : 3,200 USD
Taux de croissance (2007) : 2,9% (3,7% en 2006)
Taux de chômage (2007) : 5,6%
Taux d’inflation (2007) : 9,8 %
Transferts des expatriés (2007) : 600 MUSD, soit 12% du PIB
Principaux clients(2007) : Etats-Unis, Salvador, Honduras.
Principaux fournisseurs(2007) : Etats-Unis, Venezuela, Costa Rica.
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2007) :
agriculture : 18,3 %
industrie, construction, mines : 26,6 %
services : 55,1 %
Composition du gouvernement de la République du Nicaragua
REPUBLIQUE DU NICARAGUA
Managua
Président de la République, M. Daniel ORTEGA SAAVEDRA (10.01.2007)
Vice-Président de la République, M. Jaime MORALES CARAZO (10.01.2007)
Gouvernement du 10 janvier 2007
MINISTRES
Ministre des Relations extérieures, M. Samuel SANTOS LOPEZ
Vice-Ministre, M. Manuel CORONEL KAUTZ
Secrétaire d’Etat aux Relations économiques et à la Coopération, M. Valdrack JAENTSCHKE WHITAKER
Ministre de l’Education, de la Culture et des Sports, M. Miguel DE CASTILLA URBINA
Vice-Ministre, Mme Milena NUÑEZ TELLEZ
Ministre de l’Intérieur, Mme Ana Isabel MORALES MAZUN
Vice-Ministre, M. Carlos José NAJAR CENTENO
Ministre de la Défense, Mme Ruth Esperanza TAPIA ROA
Vice-Ministre, M. X
Ministre des Finances, M. Alberto José GUEVARA OBREGON
Vice-Ministre, Mme María Esperanza ACEVEDO GUTIERREZ Conseiller économique et financier (rang de Ministre), M. Bayardo ARCE CASTAÑO
Ministre de l’Industrie, du Commerce et du Développement, M. Horacio BRENES ICABALCETA
Vice-Ministre, Mme Liana del Socorro LACAYO
Conseiller (rang de Secrétaire d’Etat), M. Orlando Salvador SOLORZANO DELGADILLO
Ministre de l’Agriculture et des Forêts, M. Ariel BUCARDO ROCHA
Vice-Ministre, M. Benjamin DIXON CUNNINGHAM
Ministre des Transports et des Infrastructures, M. Pablo Fernando MARTINEZ ESPINOZA
Vice-Ministre, M. Fernando VALLE DÁVILA
Ministre de la Santé, Mme Maritza QUANT MACHADO
Vice-Ministre, M. Guillermo GONZÁLEZ
Ministre du Travail, Mme Jeannette CHAVEZ GOMEZ
Vice-Ministre, M. Francisco RÍOS MIRANDA
Ministre de l’Environnement et des ressources naturelles, Mme Juana ARGEÑAL
(Mme Amanda LORÍO ARANA destituée le 20/04/2007) Vice-Ministre, M. Jacobo SIMEÓN
Ministre de la Famille, M. Rosa Adilia Vizcaya
Vice-Ministre, Mme María Isabel MUÑOZ GONZÁLEZ
Président de l’Institut Nicaraguayen du Tourisme (rang de Ministre), M. Mario SALINAS PASOS
Directrice de l’Institut Nicaraguayen de la Culture (rang de Ministre), Mme Emilia TORRES
Politique intérieure
1. Institutions
Le Nicaragua est une République unitaire, dotée d’un régime présidentiel. Le Président et le Vice-Président sont élus, au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans (prochaines élections en novembre 2011).
Monocaméral, le Parlement se compose d’une Assemblée Nationale, constituée de 92 députés, dont 90 sont élus au scrutin de liste à la proportionnelle.
Autorité judiciaire : la Cour Suprême de Justice regroupe seize magistrats, désignés pour cinq ans par l’Assemblée Nationale.
Le pays est divisé en 17 départements, 152 municipalités et 2 régions administratives autonomes sur la côte Atlantique.
2. Evolution politique
Découvert par les Espagnols en 1521, le Nicaragua est rattaché à la Capitainerie Générale de Guatemala, elle-même dépendante du Vice-Royaume du Mexique. Le pays accède à l’indépendance en 1821, la région atlantique reste sous domination britannique jusqu’à la fin du XIXème siècle. Les premières années de la République sont marquées par les rivalités entre l’élite libérale de León et l’oligarchie conservatrice de Granada, dont est issue la classe politique nicaraguayenne traditionnelle.
Le pays connaît plusieurs interventions militaires américaines, dont la dernière (1926-1932) provoque l’émergence d’un mouvement nationaliste, le sandinisme, fondé par Cesar Augusto Sandino, qui sera assassiné en 1934. En 1936, Anastasio « Tacho » Somoza Garcia, chef du parti libéral, s’empare du pouvoir et instaure une dictature familiale. Son premier fils Luis Somoza Debayle sera président de 1956 à 1967. Son dernier fils le général Anastasio « Tachito » Somoza Debayle lui succède en 1967 et conserve le pouvoir présidentiel et militaire jusqu‘en 1979. La résistance à la dictature est dirigée par la mouvance nationaliste (naissance en 1961 du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), qui s’unit et se mobilise en 1978, suite à l’assassinat de Pedro Joaquin Chamorro, président de l’Union démocratique de Libération (UDEL) et propriétaire du très populaire quotidien d’opposition « La Prensa ». La guerre civile éclate entre l’Armée Sandiniste de Libération Nationale et les différentes forces militaires des « Contras », appuyés par les Etats Unis.
Le 17 juillet 1979, « Tachito » Somoza abandonne le pouvoir et s’exile d’abord aux Etats Unis puis au Paraguay où il est assassiné l’année suivante par la guerilla locale (Tupamaros). Après la chute de la dynastie Somoza, un gouvernement de reconstruction nationale est formé. Le FSLN s’empare rapidement du pouvoir et le Nicaragua se rapproche des régimes cubain et soviétique.
Le dirigeant sandiniste Daniel Ortega est élu une première fois à la Présidence de la République en 1984. L’année suivante, la Cour internationale de Justice condamne les Etats-Unis pour leur agression contre le Nicaragua. En 1987, Oscar Arias, président du Costa Rica, propose un plan de paix, qui est accepté par l’ensemble des parties au conflit. L’accord de Tela (7 août 1989) met un terme à une guerre civile de onze ans, qui a fait plus de 50.000 morts et de nombreux déplacés.
En 1990, l’Union nationale d’opposition menée par Mme Violeta Barrios de Chamorro, veuve du président assassiné de l’UDEL, gagne les élections et entame une politique de réconciliation nationale. Son bilan économique et social est toutefois jugé insuffisant et conduit à la victoire de M. Arnoldo Aleman (Parti Libéral Constitutionnaliste - PLC), Maire de Managua, lors des élections d’octobre 1996. Il n’engage pas de réelle politique sociale. La catastrophe causée par le passage du cyclone Mitch en 1998 ne lui facilite pas la tâche. Le PLC est cependant reconduit au pouvoir lors des élections de novembre 2001. Le nouveau Président M. Enrique BOLANOS (janvier 2002) engage une action contre la corruption.
Il perd rapidement le soutien du PLC, qui l’a porté au pouvoir et met en place sa propre formation politique. Cette initiative, risquée dans un système binaire, conduit à son affaiblissement politique. En dépit de bons indicateurs macroéconomiques, la politique sociale du gouvernement Bolanos n’a pas eu d’effet notable en faveur de la lutte contre la pauvreté.
Le retour au pouvoir des Sandinistes
La réélection en novembre 2006 de Daniel Ortega à la Présidence de la République a permis le retour au pouvoir des Sandinistes. Mais le temps où les « muchachos » faisaient tomber (1979) la dictature caricaturale des Somoza et résistaient aux assauts des « Contras », soutenus par les Etats Unis , est bien révolu.
Le Président Ortega s’est fixé d’emblée un certain nombre d’objectifs pour répondre aux besoins les plus criants, notamment en matière de santé, d’éducation et de réduction de la pauvreté. Toutefois, le contexte économique est lourd d’incertitudes tant sur le plan interne (poussée de l’inflation, pénurie énergétique) qu’externe (hausse des cours du pétrole, crise alimentaire, risques de récession aux Etats Unis).
De plus, le Président Ortega n’hésite pas à recourir à un discours révolutionnaire, souvent provocant, qui inquiète notamment les milieux d’affaires nicaraguayens et étrangers. La Première Dame, Rosario Murillo, dispose d’un pouvoir croissant que ce soit à la tête du Conseil de Communication et citoyenneté ou au sein des Conseils du pouvoir Citoyen.
On observe une concentration extrême des processus de prise de décision et des pressions constantes sur les médias. Ces pratiques tendent à détériorer les relations du gouvernement avec les médias comme avec la communauté des pays donateurs. Dans les faits, le Chef de l’Etat tire profit de la division de l’opposition libérale, théoriquement majoritaire dans le pays, mais scindée en deux formations rivales. L’une d’elles, le parti Libéral Constitutionnaliste, est contrôlée par l’ancien Président Arnoldo Aleman
Criminalité et violence
L’extrême pauvreté, un chômage avoisinant les 50% dont la moitié touche les jeunes de moins de 24 ans ont permis le développement des gangs (maras). Les « maras » constituent une grave menace pour l’ordre public dans certains pays d’Amérique centrale (Guatemala, Salvador, Honduras). Composés d’une multitude de réseaux hiérarchisés transnationaux, exerçant une violence systématique, ils ont bouleversé en quelques années le paysage politique et social en Amérique centrale. Cette violence est particulièrement perceptible dans la capitale, Managua. Sa localisation géographique fait du Nicaragua une zone de transit des drogues (cocaïne et héroïne) en provenance d’ Amérique du Sud (Colombie) vers le Mexique et les Etats-Unis.
Economie
Le Nicaragua est, après Haïti et la Bolivie, le 3ème pays le plus pauvre d’Amérique latine. Cette situation résulte de la succession de dix années de guerre civile, suivies du passage du cyclone Mitch (1998). Cette conjonction de facteurs défavorables, associée à un endettement abyssal, a conduit le FMI à intervenir à nouveau en 2007.
Le Nicaragua est tributaire de l’aide internationale qui a permis une relative amélioration des indicateurs économiques. Ceux-ci restent toutefois conditionnés par la situation politique du pays. Afin de sortir le Nicaragua de la misère, les sandinistes ont lancé un important programme social, "Faim zéro" depuis le début de l’année 2007 : santé, éducation et bon alimentaire ont ainsi connu une importante augmentation dansle budget 2007 (respectivement +18 %, +54%,et + 24%).
Avec un PIB/hab inférieur à 957 USD, le Nicaragua est le pays le plus démuni de l’isthme centraméricain. La guerre civile est en partie à l’origine de cette situation, en diminuant le revenu des habitants d’un tiers et en accroissant l’endettement de l’Etat dans des proportions très élévées. En 1994, la dette publique externe atteignait 11,7 Mds USD, soit 3.083% des exportations. Cette situation a conduit le FMI à classer le Nicaragua dans la catégorie des « pays pauvres très endettés » (PPTE). Ce statut a entraîné des annulations de dettes substantielles, qui ont permis de ramener la dette externe à 3,45 Mds USD en 2005, soit environ 380% des exportations.
Ce mécanisme de désendettement, qui perdure (nouvelle annulation décidée par le G8 au Sommet de Gleneagles en juillet 2005), s’est conjugué à une reprise de l’activité économique (5,1% de croissance en 2004, 4% en 2005 et 3,7 en 2006), ainsi qu’à une gestion plus rigoureuse des deniers publics, qui a permis d’améliorer le recouvrement de l’impôt, de contenir le déficit budgétaire à 2,2% du PIB et d’orienter 12,5% du PIB vers la réduction de la pauvreté.
Parmi les autres facteurs qui ont contribué au redressement économique figure la croissance du secteur des ateliers de confection - maquilas - du fait de la compétitivité des produits nicaraguayens (moindre coût de la main d’œuvre). En outre, avec un montant de 600 MUSD en 2005 et 2006, soit environ 12% du PIB, les transferts des Nicaraguayens expatriés ont contribué à alimenter la demande.
Malgré les performances d’ensemble relativement honorables de l’économie, le manque de communication du nouveau gouvernement Ortega avec le secteur privé entretient toujours un climat d’incertitude pour l’avenir.
Politique extérieure
Des liens étroits sont renoués avec les alliés traditionnels des Sandinistes, notamment Cuba, qui a renouvelé son envoi de brigades de plusieurs dizaines de médecins, l’Algérie, la Lybie et la Corée du Nord. Le Nicaragua adhère dès janvier 2007 à l’ALBA (alternative bolivarienne pour les Amériques), initiative du Président vénézuélien Hugo Chavez. Le Vénézuéla devient l’allié majeur dans la région, ce qui permet au Nicaragua, affaibli par une crise énergétique, de bénéficier de livraisons de pétrole à des conditions préférentielles.
Au delà du discours volontiers antiimpérialiste, la relation avec les Etats-Unis reste dominante compte tenu du poids de ce pays dans l’économie nicaraguayenne (64% des exportations et 21% des importations), et des enjeux stratégiques (lutte contre le terrorisme et le crime organisé), politiques (poids de Washington dans le cadre de la résolution des crises internes récurrentes), ou humains (les « transferts » des expatriés se sont élevés à 870 MUSD en 2007). L’entrée en vigueur, le 1er avril 2006, du traité de libre-échange entre les Etats-Unis, l’Amérique centrale et la République Dominicaine (CAFTA-DR), contribue à renforcer les relations économiques bilatérales. Il faut ajouter une coopération bilatérale très importante, qui atteint 50 MUSD/an.
Le Nicaragua continue à entretenir des relations étroites avec les institutions spécialisées de l’ONU et les organisations internationales. Le Fonds Monétaire international, la Banque Mondiale, et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ont un rôle économique et social non négligeable.
La Commission Européenne, dont la délégation régionale est basée à Managua, débourse 50 millions d’Euros par an en faveur du Nicaragua (214 M€ programmés pour la période 2007-2013). La France contribue à hauteur d’environ 17,5%, soit aux alentours de 13M€/an. Après avoir été concentrée sur l’aide humanitaire, cette aide est désormais davantage orientée vers la bonne gouvernance, le développement économique et l’intégration régionale. Au delà de l’aide, l’UE contribue au développement des échanges commerciaux du Nicaragua par le biais de préférences tarifaires (SPG Plus).
Il faut souligner le soutien de Managua à la dynamique intégrationiste régionale, tant à l’échelon civil (SICA), que militaire dans le cadre de la Conférence des Forces armées centraméricaines (CFAC), institution créée en 1998 et qui regroupe les quatre pays du Nord de l’isthme (Guatemala, Salvador, Honduras et Nicaragua),
Certains pays d’Asie sont également très présents au Nicaragua. Avec une aide de plus de 20 MUSD en 2007, le Japon compte parmi les premiers bailleurs de fonds du pays. De même, Taïwan avec lequel le pays entretient des relations diplomatiques, consent dons et prêts à des taux avantageux, il est également très présent dans le secteur des « maquilas ».
De la première période sandiniste, le Nicaragua a gardé des relations diplomatiques suivies avec la Russie (coopération militaire). Le Nicaragua entretient également des relations étroites avec les pays d’Amérique latine, mais les liens économiques ou de coopération sont faibles, sauf avec le Venezuela dans le secteur de l’énergie, ou avec Cuba dans le domaine de la santé. Enfin, le Canada est un investisseur et surtout un bailleur de fonds important, notamment dans le domaine éducatif.